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SSD haut de gamme chez Sandisk
Pendant longtemps, le disque dur a été l'élément le plus lent d'un PC, et celui qui progressait le moins vite technologiquement parlant. Il fallait trouver autre chose, et c'est là que les SSD sont arrivés. Après avoir testé le dernier né de chez Crucial, m4 destiné aux utilisateurs les plus exigeants, nous allons nous attarder sur un SSD réalisé par Sandisk, dénommé Extreme. Acteur très actif du marché de la mémoire flash, ce constructeur est plus connu par sa large gamme de cartes mémoire pour appareil photo — dont les meilleurs modèles s'appellent également Extreme — que par ses SSD. Pourtant, après un modèle nommé Ultra et situé au milieu de la gamme, Sandisk cherche à montrer qu'il peut monter en gamme avec ce SSD. Alors, défi relevé ?

Fiche technique

Le SSD Extreme affiche des caractéristiques techniques suivantes:
  • Capacité 120 Go (modèles de 120, 240 et 480 Go disponibles)
  • Capacité non formatée réelle : 111,8 Go
  • Contrôleur : SandForce SF-2281
  • Firmware 100% Sandisk
  • Interface : SATA 3 — 6 Gbps
  • Lectures séquentielles : 550 Mo/s
  • Écritures séquentielles : 510 Mo/s
  • Consommation : 0,6 W
  • Température de fonctionnement : 0°C - 60°C
  • Résistance au choc : 1500G @ 0,5 m/sec
  • Garantie : 3 ans
  • Prix : 99 €uros chez notre partenaire materiel.net
Bien que cela ne soit pas affiché par le constructeur, il semblerait que l'Extreme utilise des puces de mémoire MLC 24 nm.

Déballage

Vu la faible taille et la légèreté du SSD, il n'y a pas de surprise à recevoir une toute petite boite estampillée Sandisk.


Petite boite pour grosse capacité

Un non bundle

Le SSD est simplement accompagné d'un petit livret pour l'installation, on ne peut donc pas appeler ça à proprement parler un bundle. On a donc un packaging qui se rapproche de ce qu'on trouve pour les disques durs OEM : les vis de fixation ne sont même pas fournies.

On peut maintenant regarder l'Extreme d'un peu plus près :


Le SSD recto verso

Si le dessus de ce SSD ne nous apprend rien, le dos est plus intéressant. En effet, l'étiquette présente 2 informations importantes :
  • Le modèle et la capacité du SSD, qui confirme bien ce qu'il y a sur l'emballage
  • La tension et l'intensité de fonctionnement : 1 A sous 5 V, ce qui représente une consommation de 5 W
En revanche, on ne trouve pas de mention de la version du firmware comme on avait vu sur le m4 de Crucial. Il est temps de passer maintenant à la mise en place.

Installation

La mise en place d'un tel produit à l’intérieur de la tour est simple, à la condition d'avoir un emplacement 2,5" disponible, ce qui n'est le cas que dans les boitiers récents. Notre boitier haut de gamme Lian Li V1020 dispose bien entendu de tels emplacements. Pour les tours moins bien pourvues à ce niveau, il existe heureusement des kits de montage pour emplacement 3,5", pour une dizaine d'euros. Il serait dommage de laisser trainer au fond du boitier un tel produit.

Électriquement, rien ne distingue un SSD d'un disque dur SATA. Il faudra donc brancher un câble d'alimentation SATA ainsi qu'un câble SATA. Par rapport à l'Ultra, l'Extreme n'est pas cantonné au SATA 2 : ce SSD supporte complètement le SATA 3. Comme notre carte mère est équipée des 2 types de ports, on procédera à une comparaison de ces 2 interfaces lors des tests.

Un peu de technique

Il y a de nombreux acronymes qui gravitent autour du terme SSD : que ce soit SATA, AHCI, mais aussi IDE et un faux ami, TRIM. Pour partir du bon pied, voyons un peu ce que ces différents termes veulent dire, afin de lever toute confusion.
  • ATA : Advanced Technology Attachment. Cette technologie est en fait apparue en 1986, inventée par Western Digital pour gérer les disques durs sous le nom d'IDE (Integrated Drive Electronics), avant d'être normalisée sous le nom ATA. Pas moins de 9 révisions de cette norme se sont succédé, numérotées de ATA 0 (IDE) à ATA 8 (à peine implémentée). Les plus notables sont l'ATA 3, qui a introduit les fonctionnalités SMART de diagnostic de disque dur, l'ATA 5, qui a permis d'obtenir des débits théoriques de 66 Mo/s grâce à des câbles de 80 broches, et bien sûr l'ATA 7, qui a introduit sa remplaçante, le SATA. L'ATA utilisant un bus parallèle, contrairement au SATA, qui utilise un bus série, elle a été renommée en PATA pour éviter les mélanges.
  • SATA : Serial Advanced Technology Attachment. Cette norme, apparue en 2003 pour permettre des débits plus importants que la norme PATA, via l'utilisation d'un bus de données série, est maintenant ultra répandue. Cette norme spécifie 2 choses :
    • La forme des connecteurs d'alimentation, ainsi que leur brochage. Exemple : le 12 V est distribué sur les broches n° 13, 14 et 15.
    • La forme des connecteurs de données, ainsi que leur brochage. Les broches 2 et 3 sont utilisées pour l’émission de données depuis le disque, tandis que les broches
      5 et 6 sont utilisées pour la réception de données depuis la carte mère.
    IDE Vs AHCI
  • AHCI : Advanced Host Controller Interface. Cela concerne les contrôleurs SATA, placés sur les cartes mères ou intégrés aux chipsets, qui fonctionnent soit en mode "IDE", pour être compatible, soit dans ce nouveau mode plus moderne, seul moyen d'obtenir les performances présentées sur les fiches techniques des constructeurs de SSD. Ce mode, à paramétrer dans le BIOS de la carte mère, permet en fait d'utiliser des fonctionnalités avancées du SATA, comme notamment le NCQ et le TRIM. Il faut aussi des drivers et un OS adapté. Windows 7 gère ça très bien, tout comme les autres systèmes récents.
  • NCQ : Native Command Queue. Plutôt que de laisser le système d'exploitation décider dans quel ordre le HDD/SDD doit faire ses opérations, c'est le périphérique lui-même qui décide de l'ordre dans laquelle la file de commande (Command Queue) va être exécutée. Cela a notamment un impact très positif quand les demandes d'accès en parallèle sont nombreuses
  • TRIM : ce n'est pas un acronyme, mais le nom de la commande qui permet d'indiquer à un SSD quels sont les blocs à effacer. Cela permet un maintien des performances pour toute la durée de vie de ce type de support de stockage. Il faut que l'AHCI soit activé, mais qu'en plus le firmware du SSD le supporte, ce qui est maintenant quasiment toujours le cas. Il y a cependant des situations particulières, notamment lors de l'utilisation en RAID où cette commande n'est parfois pas gérée
Passons maintenant à la partie la plus importante, les tests !

Protocole de tests


Configuration de test

La configuration est celle utilisée dans bon nombre de tests parus dans nos colonnes, à savoir :
La carte mère est équipée de ports SATA 2 gérés par le chipset Intel P55, et de ports SATA 3 gérés par un contrôleur additionnel Marvell SE9128.

Performances théoriques

Un outil de benchmark spécialisé SSD
Nous allons nous intéresser dans un premier temps aux chiffres basiques d'un SSD, à savoir ses performances en lecture et écriture. Pour ce faire, le logiciel AS SSD Benchmark est tout indiqué : il réalise les mesures rapidement, en lecture et en écriture en une seule fois et est, comme son nom le suggère, spécifiquement destiné aux benchmarks de SSD. Différentes configurations vont être passées au crible :
  • Extreme branché sur un port SATA 2, en mode IDE
  • Extreme branché sur un port SATA 3, en mode AHCI, driver Microsoft
Pour chacune, on lance le benchmark 3 fois de suite, et on présente les moyennes de ces 3 passes. On rappellera les meilleurs scores obtenus par le m4 Crucial ainsi que ceux de l'Ultra pour voir la différence.

Indice de performance Windows

5,9 en indice DD = 5,9 indice PC...
Une fois la meilleure configuration déterminée, on va cloner Windows sur le SSD, on va regarder l'indice de performance Windows, qui est une valeur comprise entre 1,0 et 7,9. Il est composé en fait de plusieurs sous indices, dont un spécifiquement calculé sur les performances du « disque dur principal ». En général, sur tous les PC équipés de disques durs classiques, il est entre 5 et 6, alors que la valeur maximale possible est 7,9. Hors, Windows aligne l'indice global de performance sur valeur du sous-indice le plus faible. Comme bien souvent, c'est le disque dur qui est l’élément le plus lent, l'indicateur de performance du PC est en fait celui du disque dur. L'Extreme va-t-il permettre d'améliorer significativement les choses ?

Temps de chargement

On va également étudier le temps de chargement de niveaux ou de sauvegardes de plusieurs jeux, avec un chronomètre. Cela induit forcément un biais dans la mesure, car le début et la fin de la mesure sont définies par l'appui d'un humain sur le bouton, mais il n'y a pas vraiment de moyen de faire autrement, et il existe très peu de benchmarks pratiques se concentrant sur cet aspect des performances. On fera les mesures plusieurs fois, en quittant le jeu à chaque fois, et on présente la moyenne.

Résultats


Tests théoriques SATA



ConfigurationLect. séq. (Mo/) Lect. 4K (Mo/) Lect. 4K 64 threads (Mo/)temps d'accès Lect (ms) Ecr. séq. (Mo/) Ecr. 4K (Mo/) Ecr. 4K 64 threads (Mo/)temps d'accès Ecr (ms) Score global
Sandisk Extreme SATA 2 / IDE208,9817,13 23,07 0,2399,0942,7768,550,27 220
Sandisk Extreme SATA 3 / AHCI / driver Microsoft 370,3517,47118,81 0,2388,9333,94104,740,274 402,5
Sandisk Ultra SATA 3 / AHCI / driver Microsoft 213,4915,58130,790,17 113,7438,15 99.65 0,30 406
Crucial m4 128 Go SATA / AHCI / FW009 / driver Microsoft404,6721,42226,220,08191,4541,39147,01 0,2 640

Il y a plusieurs points à aborder dans le cadre des nombreuses mesures faites en SATA.

On remarque une très nette différence entre l'IDE du SATA2 et l'AHCI du SATA 3, avec un doublement du score final. La différence est liée pour une bonne partie à la gestion du NCQ, présente dans l'AHCI. Cela donne de bien meilleurs score au benchmark 4K - 64 threads, où il y a de très nombreuses commandes envoyées en même temps. Un petit tour dans le BIOS pour activer l'option et le tour est joué, à condition d'avoir un OS récent et des ports SATA 3 sur la carte mère.

On notera que le temps d'accès de l'Extreme est globalement invariant, avec 0,23 ms en lecture et 0,27 ms en écriture, ce qui est vraiment bon. Rappelons que les meilleurs disques durs ont des temps d’accès de l'ordre de la petite dizaine de ms. Cela fait partie des gros avantages des SSD.

Au niveau du score, on peut être surpris de trouver des chiffres très proches entre l'Ultra et l'Extreme, pourtant quand on les détaille, on voit qu'en fait cela n'a rien à voir. L'Extreme est optimisé pour la lecture, avec un petit recul sur l'écriture par rapport à son petit frère : cela tombe bien, la réactivité de la machine est surtout liée aux capacités de lecture du SSD.

Et on conclura sur le fait que les chiffres obtenus par l'Extreme sont un cran en dessous du m4, qui reste leader.

Dans les tests pratiques, on utilisera l'Extreme branché sur un port SATA 3 avec l'AHCI et avec les drivers Microsoft, comme c'est cette configuration qui donne les meilleurs résultats.

Tests pratiques : indicateur de performance Windows

7,8 : un net progrès par rapport à un disque dur classique !
Il suffit de lancer l'indicateur de performances pour que le résultat parle de lui-même, comme on peut le voir sur la capture ci-contre. L'Extreme fait décoller le score du sous-système de disque dur vers la note de 7,8. C'est presque la note maximum, qui est de 7,9, et que le m4 Crucial avait réussi à décrocher. Mais plus que le score, c'est la réactivité de la machine qui augmente. Les applications s'installent plus vite, et se lancent plus vite. Voyons maintenant l'impact sur les jeux.

Tests pratiques : temps de chargements des jeux

Les résultats sont synthétisés dans le tableau suivant :

Jeu HDD (s) SDD (s) Gain (%)
Stalker 12,6 9,98 20,7
Metro 2033 3,5 2,9 17,1

Les chargements sont de l'ordre de 20 % plus rapides, et on le ressent dans le jeu, même sans chronomètre. Ces gains sont variables suivant le jeu, car il ne faut pas oublier que lors du chargement, les données viennent certes de l'espace de stockage, mais il faut aussi les traiter : le CPU et le GPU ainsi que la RAM sont aussi mis à contribution, et certaines opérations sont donc incompressibles en terme de temps d’exécution, peu importe les débits.

A l'usage

Après plusieurs semaines passées en compagnie de l'Extreme, il est temps de faire le bilan de ce SSD.
L'Extreme en action
Côté performances par rapport à disque dur, cela donne un net coup de fouet à la machine. Windows est plus réactif, les jeux se chargent plus vite. Sans compter qu'un SSD est silencieux, peu encombrant et n'a aucune pièce mobile. Un tel produit requiert, pour vraiment en profiter, d'avoir une carte mère tirant partie de l'AHCI.

Par rapport au m4 de Crucial, qui reste la référence, l'Extreme n'a pas à rougir, loin de là. Si les chiffres théoriques sous AS SSD Benchmark sont moins bons, l'Extreme fait jeu égal dans les tests de temps de chargement de parties ! Et là où Sandisk a rectifié le tir par rapport à son Ultra, c'est le positionnement tarifaire. En effet, à 99 euros pour 120 Go, c'est tout simplement le SSD SATA 3 le moins cher pour cette capacité !

Conclusion

Les produits dénommés Extreme chez Sandisk sont à la hauteur de leurs dénomination, et ce SSD ne fait pas exception. Outre de bonnes performances au niveau de son contrôleur SATA 3 et avec ses 120 Go d'espace, ce produit a un atout : son prix, seulement 99 euros. On a donc un excellent prix du Go, ce qui fait qu'au final, ce SSD est un excellent compromis prix/performance/capacité qu'on recommande !

Produit recommandé par ZeDen


par Xpierrot Commenter
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