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PGW 15 : Paris réussi ?
Après une édition 2014 plutôt réussie, la Paris Games Week a renoué avec le parc des expositions de la porte de Versailles la semaine dernière pour une édition 2015 du salon (28 octobre - 1er novembre). Le plus grand salon français du jeu vidéo retrouve donc son public, venu en masse pour tester les nouveautés des éditeurs qui seront sous le sapin à Noël. La soirée de mardi était réservée à la presse, nous avons donc pu parcourir les allées du salon et jouer aux jeux et rencontrer les créateurs sans aucune difficulté. Pour sa sixième édition, le salon a de nouveau déménagé pour occuper 2 halls du parc des expositions de la porte de Versailles (1 et 2.1), afin de tenir son rang de principal rendez-vous annuel du jeu vidéo en France. Et cette année encore, il était couplé avec la Game Connection – un événement réservé aux professionnels.


Le nouveau rendez-vous international ?

Cette année, Sony a assuré l'internationalisation du salon
Avec une durée de presque une semaine, une position dans le calendrier idéale pour présenter les lineups de fin d'année (et en plus pendant une semaine de vacances), la PGW s'est facilement imposée comme un grand rendez-vous du jeu vidéo en Europe. Mais la grande nouveauté cette année était l'annonce de Sony de déplacer sa traditionnelle conférence de la Gamescom à la Paris Games Week, plus en phase avec son calendrier. L'éditeur a ainsi pu réaliser pendant sa conférence, tenue à la Défense mardi 27 octobre, de nombreuses annonces (relayées dans nos colonnes). Avec cette conférence, c'est aussi la première fois que le salon réussit à capter l’attention de la presse internationale. Porté par la conférence de presse de Sony Europe, qui a réuni plus de 600 journalistes à La Défense, l’événement francilien a bénéficié d’une exposition inédite. Mais l'événement n'a pas vraiment réussi à capitaliser davantage dessus pour obtenir plus de retombées presse, malgré la présence notable de Famitsu. On espère en tout cas que l'on prochain, Sony réitèrera l'événement (peut-être avec une conférence plus proche géographiquement du parc des expositions ?).

La Game Connection : le carrefour du business

La GC, le rendez-vous des pros
Les ambitions internationales de la PGW passent aussi par la Game Connection, un événement d'affaires né en 2001 à San Francisco, qui a la bonne idée de se tenir cette année au même moment que la PGW  – comme l'an dernier. Si vous n'en avez que peu entendu, c'est normal, le salon est réservé aux professionnels et à la presse. Loin du tumulte des allées de la PGW, on trouve à la GC les développeurs, les éditeurs, les distributeurs, les revendeurs, les communicants. Bref, l'endroit idéal pour faire du business, ou parler du business. On y a trouve en effet des conférenciers issus de sociétés aussi prestigieuses que Bungie, Square Enix ou Microsoft Game Studios, etc. Les conférences sont parfois techniques, mais de haut niveau et particulièrement intéressante. C'est là une expérience enrichissante, d'autant qu'elles sont complétées avec des rencontres avec les créateurs, qui peuvent parler de leurs jeux, en toute liberté, mais loin du public. C'est aussi ça la PGW, et malheureusement le monde du jeu vidéo dans son ensemble. On peut voir Frédérick Raynal se promener (presque) incognito dans les allées, et à côté de ça, un Youtubeur devoir se planquer derrière un masque de cosplay pour pouvoir traverser le salon sans provoquer une émeute. D’une manière générale, les visiteurs semblent bien plus intéressés par les T-shirts gratuits et les YouTubeurs célèbres que par les créateurs de jeux. La PGW ne célèbre pas assez les créateurs à mon goût et « starise » au contraire des présentateurs...

Nous avons pu cette année avoir une longue rencontre avec les développeurs de War of Rights, le FPS des danois de Campfire Games se déroulant en pleine guerre de Sécession.

PGW 2015 : record d'affluence battu ?


Du monde, il y en a à la PGW
Comme tous les ans depuis sa création, la Paris Games Week a battu un record de fréquentation. Le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell), organisateur de l’événement, a annoncé avoir « accueilli 307 000 visiteurs, soit 13 % de plus que l’édition 2014 ». Mais il y a bien entendu une petite astuce derrière ces chiffres, car il ne s'agit pas de visiteurs uniques, mais de nombre d'entrées scannées. Ainsi un journaliste qui est venu toute la semaine sera compté comme 5 entrées. Des chiffres artificiellement gonflés donc, mais qui servent à entrer dans la compétition internationale des grands événements : TGS au Japon, Gamescom en Allemagne, E3 aux États-Unis, mais également depuis quelques années Brasil Game Show (Brésil), G-Star (Chine), Igromir (Russie), Madrid Games Week (Espagne), etc. Certains commentateurs observent qu'avec sa position dans le calendrier, le salon parisien est en bonne place pour annoncer des chiffres au-dessus des salons concurrents. Le Monde note ainsi « qu'avec 307 000 « visiteurs », la Paris Games Week passe ainsi miraculeusement devant le Brasil Game Show, qui n’avait annoncé « que » 300 000 tickets vendus début octobre, et entre sur le podium des salons de jeu vidéo les plus courus par les joueurs ».

Qui va au marché ?

La guerre des goodies
Sur 62 000 mètres carrés, les stands des mastodontes du secteur rivalisent pour capter l'attention du plus grand nombre, à grand coup de décibels (bien au-delà de la limite recommandée). Avec des stands massifs bardés d'écrans géants et d'animateurs, tout était réuni pour faire monter la pression. Les animateurs n'ont pas eu de mal à faire dire n'importe quoi aux ados présents, pour peu que ces derniers repartent avec des goodies débiles. Entendu sur le stand Microsoft :
«  – J'ai avec moi des sacs, c'est pratique pour ceux qui vont au marché. Qui va au marché ?
 – Moi, moi, moi.
 – Oui, c'est vrai, tu as bien une tête à aller au marché, tiens je te donne un sac
 »
Une scène sidérante, si elle se passait ailleurs. Car sur ce salon, les ados surexcités sont prêts à tout pour un t-shirt. Devant la scène du stand PlayStation, on crie à tue-tête « Play-Sta-Tion » pendant de longues minutes en attendant qu'un t-shirt soit balancé dans la foule sur fond de « faites du bruit ». Des ados dociles et connectés, n'hésitant pas à échanger des likes sur Instagram contre des portes-clés, prêts à tout pour devenir eux-mêmes des objets publicitaires.

Malgré tout, une ambiance bon enfant

On trouve quelques cosplayers dans les allées
Malgré ces dérives un peu grotesques, la Paris Games Week 2015 est un bon millésime, grâce à des allées de circulation plus larges et des halls plus aérés offrant un certain confort au visiteur (même si je ne me suis pas risqué sur le salon samedi). On notera une séparation importante entre la partie dédiée aux enfants, aux jeux français et à la Games Connection du reste du salon. Mais j'ai vu autant d'enfants d'un côté que de l'autre  – y compris sur des stands où il n'avaient pas grand-chose à faire, comme ce petit de 7-8 ans jouant à Halo 5 : Guardians alors qu'il n'arrivait même pas au niveau de la télé... En tout cas, oubliés les déboires de 2013 (où une édition collector de CoD était promise aux premiers arrivants) ou ceux de 2014 (ou Cyprien et Squeezie avaient été privés d'apparition publique à cause de bousculades, piétinements et malaises de visiteurs devant leur stand). Cette année, c'était plutôt bon enfant, avec plus de cosplayers (mais on est bien loin de la Japan Expo ou de la Comic Con), ce qui permet aussi d'attirer l'attention des visiteurs ailleurs que sur les stands et faire oublier les interminables files d'attente pouvant atteindre les 3h30 pour les jeux les plus attendus.

Les stars assurent le show

Les jeux AAA sont bien présents
Car les stars, ici, c'est avant tout les jeux. Et en matière de shooters, si cette année n'était pas exceptionnelle, elle reste un bon cru, avec la présence (sans ordre particulier) de : Comme tous les ans, on est un peu surpris par le manque de machines en périphérie des stands. Pour jouer, il faut faire la queue, pénétrer dans le stand de l'éditeur, subir un briefing, et ensuite pouvoir jouer. Pas ou peu de machines en libre accès, comme on peut les voir dans n'importe quelle enseigne de vente, ce qui signifie également de grosses concentrations de personnes à certains endroits, et d'autres qui peuvent paraitre vides.

De grands absents

Cette année, deux gros acteurs manquaient à l'appel de la PGW 2015 : Konami et Bethesda Softworks, en dépit d'une grosse actualité pour les deux éditeurs que sont PES 2016 et Metal Gear Solid V : The Phantom Pain pour le premier ; et Fallout 4, pour le deuxième. De la même manière, on a regretté qu'Activision Blizzard ne présente pas Overwatch, alors que le lancement de la bêta de ce dernier a coïncidé avec le début du salon ! Néanmoins, pour la Paris Games Week 2015, les organisateurs annonçaient une centaine de jeux et des expériences attractives comme les casques de réalité virtuelle, même si les temps d’attente ont une nouvelle fois dépassé trois heures pour les jeux les plus populaires.
L'an prochain, Nintendo devrait sans doute mettre le paquet avec le lancement de sa nouvelle console de salon... Du moins, on l'espère.

La réalité virtuelle, rêve éveillé ou jeu vidéo de demain

RV à tous les étages
Présents sur de nombreux stands, les casques de réalité virtuelle ont envahi la Paris Games Week : d'une côté Sony avec son Morpheus, et de l'autre HTC/Valve avec le Vive. Un peu plus d'un mois avant sa sortie, le HTC Vive était particulièrement à l'honneur sur le salon, profitant d'un stand dédié, avec une dizaine de salles (d'une petite dizaine de mètres carrés chacune) pour les démos. Nous avons pu tester à deux reprises le casque, dans des conditions idéales. En effet, ce casque nécessite un dispositif particulier, puisqu'il s'accompagne de deux caméras, à placer dans des coins opposés de la pièce, ainsi que deux manettes à reconnaissance de mouvements. Le Vive est détecté précisément dans l'espace grâce aux caméras laser et aux diodes infrarouges dont il est doté, ce qui permet d'évoluer dans l'univers virtuel en marchant naturellement... Le joueur est ainsi plongé dans la réalité virtuelle et devient donc un acteur, plutôt qu'un spectateur passif. Nous avons pu tester de nombreuses démo adaptées pour le casque, certaines penchant du côté démo technologiques, d'autres plus du côté démo de contemplation et enfin d'autres proches de jeux vidéo qui pourraient se retrouver dans un lineup de lancement.

La démo la plus orientée jeu vidéo que l'on ait pu essayer était un shooter sur rails. La démo est composée de trois scènes se déroulant dans le désert, ou le joueur fait face à quelques zombies, façon The Walking Dead. Il fallait tout d'abord s'emparer d'une paire d'armes  – d'abord un puis deux pistolets, puis carrément fusil à pompe et Uzi dans la dernière scène  –  et ensuite, shooter comme il se doit les zombies qui trainaient. L'occasion de se rendre compte de la précision de la reconnaissance de mouvements, les mains du joueur avec les manettes dans la vraie vie se transformant en mains avec des armes à feu dans le jeu. Cette démo montre qu'avec suffisamment de précision ce type de jeu peut être jouable en VR, et plutôt jouissif. En revanche, les déplacements sont limités et se faisaient ici en tirant sur un point spécifique pour se téléporter au checkpoint comme dans Time Crisis.

Le casque est imposant
En matière de technique, le HTC Vive présente l'avantage d'être un peu plus ajustable que ses concurrents et donc de s'adapter sur toutes les têtes. Il est néanmoins beaucoup plus lourd que les autres et laisse vite des traces sur la peau, en plus de tenir très chaud. Étant porteur de lunettes à montures plutôt épaisses, j'ai pu constater que les lunettes rentraient dans le casque, mais au prix d'une vraie pression sur le nez, particulièrement désagréable au-delà du 1/4 d'heure. Il faudra aussi prendre garde à ne pas se prendre les pieds dans les câbles, puisque l'on perd vite ses repères dans la pièce en se déplaçant dans l'univers virtuel. Un gros câble relie en effet le casque (et donc le joueur) à l'ordinateur. Il est à noter du point de vue visuel que l'on voit très clairement les sous-pixels en face des yeux, et que cela gêne la vision et cela d'autant plus que la démo la plus proche du jeu vidéo était également celle qui avait le plus de latence.

Avoir droit à une pièce dédiée pour la RV
En tout cas, après cette expérience, c'était migraine assurée pour le reste de la soirée. À moins que ce soit à cause des décibels, ou des deux... Après cette expérience, notre avis sur la réalité virtuelle est plutôt mitigé. Pour les gamers, on se sent vite contraint dans ce monde où l'on est plus spectateur qu'acteur. Pour le grand public, c'est bien trop onéreux et difficile d'accès (qui dispose d'une pièce de 10 m² pour la dédier à la RV ?). Pour autant, on imagine parfaitement les applications de cette RV dans des salles ou des parcs dédiés. Une sorte de jeu laser où chaque joueur serait débarrassé de son gilet pour être muni d'un casque de réalité virtuelle. En vrai, on aurait toujours un hangar moche avec des murs en contreplaqué, mais dans le casque, les joueurs pourraient voir des murs texturés, des armes stylées et des ennemis.

Côté hardware, les marques sont présentes en force cette année avec de nombreux stands dédiés (et plutôt grands) avec des PC pour jouer. On notera le très beau concours de Modding organisé par LDLC qui propose des boîtiers de très grande qualité et avec un niveau de maîtrise impressionnant de la part des passionnés qui les ont réalisés.


De bien belles machines


Le salon en photos :


par utr_dragon 12 commentaires, dernier par mimi46
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Commentaires

Tib Blacks

Padawan
Nb msg : 114
(#1) 04 novembre 2015 à 15h35
Super article ! Et oui ... je me suis battu pour des t-shirts
Mais dit-moi tu n'as parlé des Youtubers ?
Vidéo-testeur pour Zeden.net
Révolte !
utr_dragon

Rédacteur en Chef/Dieu
Nb msg : 2447
(#2) 04 novembre 2015 à 18h15
P'tet car on en a rien à carrer ?
No comment !
Tib Blacks

Padawan
Nb msg : 114
(#3) 04 novembre 2015 à 18h42
Justement ! Le fait que tu n'est pas mis de messages haineux envers eux m'étonne !
Vidéo-testeur pour Zeden.net
Révolte !
utr_dragon

Rédacteur en Chef/Dieu
Nb msg : 2447
(#4) 04 novembre 2015 à 18h55
Faut tout lire p'tit gars : C'est aussi ça la PGW, et malheureusement le monde du jeu vidéo dans son ensemble. On peut voir Frédérick Raynal se promener (presque) incognito dans les allées, et à côté de ça, un Youtubeur devoir se planquer derrière un masque de cosplay pour pouvoir traverser le salon sans provoquer une émeute. D’une manière générale, les visiteurs semblent bien plus intéressés par les T-shirts gratuits et les YouTubeurs célèbres que par les créateurs de jeux. La PGW ne célèbre pas assez les créateurs à mon goût et « starise » au contraire des présentateurs...
No comment !
aigle_1

Testeur JV/HW
Nb msg : 40
(#5) 04 novembre 2015 à 20h01
Moi je suis fan d utr dragon. Je veux un autographe
Xpierrot

Responsable Hardware de Zeden
Nb msg : 1475
(#6) 05 novembre 2015 à 12h25
Frédérick Raynal, et son comparse Adrien Roquelaure, fondateurs bien connus des conserves Raynal et Roquelaure...
Marchez doucement car vous marchez sur mes rêves
Tib Blacks

Padawan
Nb msg : 114
(#7) 05 novembre 2015 à 16h44
@utr_dragon je me disait aussi ^^
Vidéo-testeur pour Zeden.net
Révolte !
utr_dragon

Rédacteur en Chef/Dieu
Nb msg : 2447
(#8) 05 novembre 2015 à 18h48
Frédérick Raynal, célèbre game designer français créateur entre autres d'Alone in the Dark, et Little Big Adventure.
No comment !
Zhao

L'Oréal
Nb msg : 456
(#9) 05 novembre 2015 à 19h09
Et comment était la nourriture sur place ? Cher et dégueulasse ? xD
La paix par la force. La liberté par les armes. L’obéissance par la peur.
Tib Blacks

Padawan
Nb msg : 114
(#10) 05 novembre 2015 à 21h50
on avait nos sandwichs
sinon c'est 10 euros le sandwich triangle
Vidéo-testeur pour Zeden.net
Révolte !
Tib Blacks

Padawan
Nb msg : 114
(#11) 18 novembre 2015 à 10h02
"Paris réussi ?" quel beau jeu de mot j'avais pas tilté !
Vidéo-testeur pour Zeden.net
Révolte !
mimi46

Nouveau
Nb msg : 2
(#12) 10 décembre 2015 à 07h38
l'année prochaine j'y vais c'est sure
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