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Doom est de retour, les démons n'ont qu'à bien se tenir
Après un excellent opus de Doom sorti en 2016 sous forme de reboot de la série, id Software remet le couvert quatre ans plus tard pour proposer une suite au mètre étalon du FPS. Doom Eternal, se place dans la suite de la série, et si le précédent était un reboot du premier Doom, celui-ci est un reboot de Doom 2 : Hell on Earth. Rentrez donc dans les bottes de votre slayer et préparez-vous à bouffer du démon.




UI of Hell

J'ai vomi
Une fois que vous avez lancé le jeu, vous allez avoir la mauvaise surprise de découvrir que la création d'un compte Bethesda est obligatoire (mais oui, vous savez bien, ce magnifique service victime de violations de données massives il y a deux ans). Sans ça, impossible de lancer le jeu, même pas le mode solo. Passé cette mauvaise expérience, vous en aurez immédiatement une deuxième avec les menus du jeu, qui sont une sorte de guide pratique de ce qu'il ne faut pas faire en matière d'interface utilisateur (UI). Le choc est rude, et cette interface est tout bonnement ignoble et contre-intuitive : c'est une sorte de remontée dans le temps au début des années 2000, et ce n'est pas un bon souvenir.
Virez les tutos, ils cassent l'immersion
Malheureusement, vous la retrouverez en jeu, avec là également, un HUD minable et absolument surchargé d'informations inutiles. Heureusement, absolument chaque élément de l'interface en jeu est paramétrable (pas les menus du jeu, par contre, qui resteront médiocres et illisibles). Pour ma part, j'ai préféré jouer en désactivant le HUD et en ne laissant que le réticule. Désactivez immédiatement les tutoriels, sous peine de voir votre action totalement ruinée pendant les premières heures de jeu.

Hell on Earth


Un scénario, quel scénario ?

Qu'ils viennent, j'ai des gros bras
Mais revenons à nos démons, puisque dans DOOM Eternal, le joueur incarne le Doom Slayer (ou Doom guy, précise même le jeu), de retour sur Terre, envahie par des puissances démoniaques ayant décimé une grande partie de la population. Vous allez donc avoir pour mission de remettre un peu d'ordre là-dedans, en commençant par botter hors de la planète bleue ces infâmes créatures. Vous l'aurez compris, ce n'est pas par son scénario que le titre se démarquera et l'intrigue est digne d'un mauvais film de SF des années 1980. Malheureusement, si le précédent épisode, passé sa première cinématique, savait faire passer son mauvais scénario au second plan, il n'en est rien dans ce nouvel opus qui propose des scènes cinématiques, absolument dispensables.
Bah si, nananère
J'ai d'ailleurs pensé que le personnage était muet pendant les trois quarts du jeu, mais il devient plus bavard ensuite. Sans doute que les développeurs ne voulaient pas mettre trop de budget dans le doublage. On aurait au contraire souhaité que le côté second degré soit totalement accepté par les développeurs avec un personnage à la Serious Sam ou Duke Nukem. De fait, le Doom slayer passe pour un pauvre type apathique alors qu'on nous le présente dans tout le jeu comme une quasi-divinité.

Décrochage de mâchoire artistique

Certains environnements sont à couper le souffle
Vous l'aurez compris, une partie du jeu se déroule sur notre bonne vieille Terre, mais les développeurs ne se sont pas trop ennuyés sur la cohérence et la véracité des environnements proposés au joueur. On sent qu'ils se sont fait plaisir à construire des environnements et ont tenté de les relier faiblement avec un scénario ténu. Ainsi, vous aurez l'occasion de visiter des bases en Antarctique, des châteaux gothiques, des villes en ruines et en proie aux flammes, etc. Certains environnements sont à couper le souffle et il n'est pas rare de prendre quelques minutes pour admirer le travail des artistes, qui, tels des
De cathédrales futuristes en cathédrales gothiques
Bruegel l'Ancien du numérique, dépeignent parfaitement des Tour de Babel apocalyptiques. La référence n'est pas prise au hasard, car le récit est messianique et vous portera de Terre, vers Mars et ses satellites. Les joueurs désirant creuser un peu auront le loisir d'explorer dans le codex les éléments scénaristiques glanés au cours de la partie – mais l'horrible interface rend leur consultation fastidieuse.

Gameplay diabolique


Nervous breakdown

Eternal est frénétique
Le jeu mêle en effet plutôt habilement des phases d'exploration, de plateforme et les phase de shoot, même si le schéma est parfois répété jusqu'à l'overdose. Attention, le gameplay de cet opus est sensiblement différent de celui de son aîné. Il est en effet extrêmement nerveux, comme si le mode arcade de du précédent était activé tout du long de la campagne. En mode difficile, il m'est arrivé de terminer des niveaux, complètement vidé, physiquement, tant l'action était intense, nerveuse, portant quasiment dans un état de transe. Rarement, un titre ne m'a fait ressentir une telle pression, et vous devrez constamment rester en mouvement face à des hordes incessantes d'ennemis, la position statique vous exposant à une mort certaine.
Vous devrez utiliser les glory kills pour gagner de la vie
Cette fuite en avant se ressent d'autant plus que le joueur est constamment sous le coup de la pénurie. Une tripe pénurie, d'ailleurs : pénurie de munitions, de vie et d'armure. Les munitions sont en effet très rares dans Eternal, et les ennemis sont des sacs à PV. La conséquence directe étant que le joueur doit nécessairement utiliser ses compétences spéciales pour se remettre à flot. Ainsi, le Glory Kill redonne de la vie, le lance-flammes permet d’avoir de l’armure et la tronçonneuse rend des munitions. Ces deux dernières options se rechargeant avec le temps (et avec de précieux bidons d’essence pour la tronçonneuse), il faut donc les utiliser au bon moment afin de ne jamais être complètement démuni face à des ennemis extrêmement agressifs. Le jeu vous oblige donc constamment à aller au contact pour utiliser vos capacités spéciales, ce qui est assez bien intégré au gameplay et ne coupe pas la fluidité des affrontements.


Avec son shotgun et sa tronçonneuse

Miam !
Niveau arsenal, on est dans du très classique pour la série, du fusil à pompe au BFG 9000, en passant par le canon lourd, le fusil plasma, le lance-roquettes, etc. Au total, le jeu propose 8 armes, qui possèdent chacune deux modes de tir alternatif (à l'exception du double fusil à pompe et du BFG 9000). Certaines améliorations vous seront extrêmement utiles, comme les grenades collantes du fusil à pompe ou la baliste qui peut couper en deux les ennemis les plus retors. Les armes peuvent s'améliorer par la voie de stations qui sont réparties dans les niveaux, comme le sont également les éléments de votre armure Praetor (qui sont répartis en cinq grandes catégories d'améliorations : environnement, grenade à fragmentation, bombe givrée, exploration et fondamentaux).
Votre armure pourra être upgradée
J'ai personnellement regretté que l'attaque au corps-à-corps ait été réduite dans son efficacité (même les petits ennemis de base ne peuvent pas être tués au corps-à-corps). L'attaque au corps-à-corps ne sert plus qu'à faire des glory kills et casser des murs fissurés. De la même manière, le flingue de base aux munitions illimitées a disparu, ce qui est pénalisant dans les phases où le joueur doit rechercher des munitions  – certains affrontements contre les maraudeurs sont extrêmement difficiles à cause du manque de munitions, et venir à bout de ces saloperies sans munitions de double shotgun relève de l'exploit. Si l'on cherche la cohérence, on se retrouve avec un Doom slayer capable de porter une dizaine d'armes en même temps, mais incapable par contre de porter plus de 16 cartouches de fusil à pompe...
Attention, c'est une véritable boucherie là-dedans
En matière d'améliorations, on retrouve également les runes, qui offrent des capacités spéciales. Vous pouvez toutes les ramasser (elles sont au nombre de 9) mais vous n'aurez qu'un nombre limité de runes activées en même temps (jusqu'à un maximum de 3). Varier les runes en fonction des situations rencontrées pourra vous permettre de vous sortir de mauvaises situations dans les affrontements (notamment le combo glory kills sont plus rapides, qui peuvent être activés de plus loin et qui peuvent offrir un bonus de vitesse), mais également dans les phases d'exploration.

Uncharted Eternal

Les phases d'exploration sont suffisamment simples pour ne pas devenir pénibles
En effet, notre Doom Slayer se voit doté de la capacité de s’accrocher à des barres horizontales pour se propulser dans les airs, et de s'accrocher sur certains pans de murs verticaux. Ces deux combinaisons sont très largement utilisées par les développeurs, couplées au double saut, que l'on peut utiliser dès le début du jeu, ou encore du dash (déplacement rapide dans une direction). Récupérer les points d'armure de Praetor, les runes, les cristaux sentinelle, les batteries sentinelle, les modifications d'armes, les jouets, les codes de triche, les albums de musique, les jetons de maitrise vous occupera pas mal de temps. En mode difficile, il m'a fallu 22 heures pour boucler le jeu, en ayant pris le temps d'explorer les niveaux pour rechercher les éléments.
Le jeu inclus de la verticalité
Il faut environ une heure et demie à deux heures pour venir à bout de chaque niveau (ils sont au nombre de 13, en comptant celui du boss final), et plus vous avancez dans la difficulté, plus vous aurez de peine à boucler les niveaux rapidement. Le jeu propose un système de vie (les vies se récupèrent comme les autres bonus dans les niveaux). Après la mort, on peut ainsi réapparaitre, évitant ainsi trop de frustration. La courbe de progression vient également adoucir les difficultés de début de partie, car au fur et à mesure que l'armure et l'arsenal du Doom slayer s'améliorent, on se découvre virtuose des explosions et du chaos en utilisant nos nouvelles compétences pour surmonter les difficultés précédemment rencontrées. À cela s'ajoute le système de malus des ennemis, qui possèdent tous des points faibles, qui seront autant d'occasions d'éviter d'épuiser vos munitions trop vite. À utiliser impérativement dans les modes de difficulté avancée, afin d'économiser vos précieuses munitions.

Une technique au service du gameplay


Du plaisir pour les mirettes

Graphiquement et artistiquement réussi
Graphiquement, il faut bien avouer que cet opus tient ses promesses. On a déjà mentionné l'aspect artistique, je ne vais donc pas m’appesantir, simplement ajouter que le jeu a un aspect moins mature que son prédécesseur, plus « cartoon », en un sens  – les ennemis sont ainsi plus proches de leurs itérations des Doom des années 1990. Cela ne plaira sans doute pas à tout le monde, notamment ceux qui ont découvert la série avec le précédent opus sorti en 2016. Le moteur graphique maison, l'id Tech 7, fait bien le job et permet d'afficher de vastes environnements sans broncher. Le jeu est plus beau que son prédécesseur, et les améliorations au moteur sont notables. Ce dernier permet d'afficher des environnements plus vastes, avec plus d'ennemis et de meilleures textures sans broncher. On apprécie également que tout ou presque soit paramétrable, ce qui permettra aux joueurs dotés d'une machine datant de quelques années de trouver de bons compromis.
Beau ET fluide
Le jeu intègre également un système permettant de voir directement en jeu l'utilisation du CPU, du GPU, etc. ce qui permet de voir directement l'influence des paramètres qui ont été modifiés. Si nous devions faire toutefois un reproche au moteur, c'est sur la gestion de la physique. On est très loins des standards du genre, et cette dernière est réduite à son plus petit appareil, à savoir que vous pourrez pousser des bidons d'essence. En soi, ce n'est pas primordial, mais c'est tout de même regrettable que les développeurs n'aient pas un peu plus le souci de cet aspect, pour un titre qui sort en 2020.

Du bon dans les oreilles

L'ambiance sonore vient relever l'ambiance visuelle
On retrouve Mick Gordon aux commandes de la bande sonore du titre, qui tient ses promesses, pour peu que l'on apprécie le métal bien gras (avec toutefois parfois des touches d'électro). L'originalité de la démarche artistique est de n'avoir pas fait appel à un groupe déjà formé, mais d'en avoir créé un grâce à un casting en ligne. Cela nous donne un groupe éclectique pour un résultat assez plaisant. On peut y entendre notamment des sortes de chants antiques en langue inconnue, une sorte de chant guttural assez original, qui match bien avec l'univers du jeu en donnant une note de tribalisme, et même de mysticisme. Tout ce qui est sons d'ambiance, soundesign des armes et le doublage, c'est parfait, absolument parfait. On sent la puissance des flingues, la violence des coups portés sur les carcasses dépecées des démons, les râles d'agonie, les mantras inquiétants, une pure merveille.

Autres réjouissances


En solo

Les joueurs sont récompensés
En plus de sa campagne solo, Eternal propose un mode « maître », qui change complètement la configuration des ennemis dans les niveaux. Ainsi, ce dernier vous envoie à la gueule des dizaines et des dizaines d'ennemis. Je n'ai pas vraiment trouvé un grand intérêt dans ce mode de jeu, qui est plus à réserver aux fans hardcores qui ont envie d'augmenter une durée de vie déjà honorable et pimenter un peu la rejouabilité.

En multijoueurs

Le Battlemode vous permet de passer du côté des démons
C'est du côté du « Battlemode », qu'il faudra voir un peu de nouveauté. Il s'agit de l'unique mode multijoueurs, qui propose un mode de jeu asymétrique à 2vs1. Un joueur incarne le Doom slayer, et les deux autres incarnent les démons que l'on a pu rencontrer dans la campagne. C'est ici un réel plaisir de pouvoir incarner les démons, d'être de l'autre côté du miroir, en quelque sorte. Malgré tout, les quelques parties que j'ai pu jouer m'ont laissé un goût d'inachevé, car le jeu est extrêmement difficile pour le Doom slayer. Toutes les parties que j'ai jouées se sont soldées par la mort du Doom slayer, qui a du mal à s'imposer pour peu que les deux démons soient coordonnés. Sans doute une question d'équilibrage ? En effet, ce dernier doit non seulement affronter les deux démons adverses incarnés par de vrais joueurs, mais également les autres ennemis générés par les démons, tout en devant toujours faire attention à ses munitions, dont le nombre est toujours limité. La partie se déroule en trois manches successives, avec à chaque fin de manche des aptitudes à débloquer.
L'XP obtenue en solo permettra de débloquer des trucs inutiles en multi
Les arènes sont conçues spécialement pour ce mode de jeu (au nombre de 6), et sont agréables à parcourir, pour peu que vous ayez le temps de faire du tourisme. En dépit du nombre de joueurs très important pour le jeu de base, il m'a parfois été difficile de trouver des parties dans ce mode de jeu  –  à moins que ce soit le matchmaking qui soit partiellement défaillant. Enfin, un dernier mot pour ajouter que votre progression dans ce mode est indépendante de la campagne de base, et que tout est bien entendu personnalisable, avec de nombreuses choses à débloquer.

Conclusion

Beaucoup moins oppressant que son prédécesseur, Doom Eternal propose un ton plus léger et pousse au paroxysme la violence gratuite et décomplexée. Avec ce parti pris risqué, vous avez là le FPS le plus nerveux qui existe, et il ne vous laissera pas indemne. Vous sortez des combats en haletant. Mais c'est juste jouissif de sortir de cette tuerie en se sentant récompensé pour ses prises de risques et son intelligence dans le choix des actions sur le vif. On regrette un peu le côté nanard du scénario, totalement inutile, ou encore certains passages d'exploration un peu pesants. Il n'en demeure pas moins que si vous êtes fans de fast FPS, vous devez avoir ce jeu dans votre ludothèque.

Requiert une configuration hardware récente Produit recommandé par ZeDen


par utr_dragon Commenter
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Le jeu a été testé sur une version PC (Steam) fournie par l'éditeur.
Configuration de test : Intel Core i7-6700 (3.40 Ghz)
Nvidia GeForce GTX1070 Ti (driver445.75)
16 Go de RAM
SSD Crucial M550