Quake : la révolution technologique d'id Software
En 1995, après le triomphe de Duke Nukem 3D, beaucoup pensent que le nouveau nom avec lequel il faut compter est 3D-Realms, et que id Software représente le passé des FPS. C'est alors que John Carmack, d'id Software, annonce que son prochain bébé sera une véritable révolution qui enverra la concurrence aux oubliettes. Une longue et fiévreuse attente commence, qu'id entretient sans totalement maîtriser. Le nouveau bijou s'appelle Quake, et il s'agira du jeu en 3D subjective le plus abouti jamais réalisé. Des rumeurs commencent à circuler selon lesquelles Quake sera un jeu de rôle plus qu'un jeu d'action et se situera dans un univers médiéval, le joueur ne disposant que d'une seul arme : Mjolnir, le marteau de guerre du dieu Thor. Le jeu sera beaucoup plus réaliste que Doom et Duke Nukem 3D, et de nombreuses caractéristiques du joueur seront gérées, évoluant au cours de sa progression.
Début 1996, Carmack annonce la mise en ligne d'une pré-version l'espace de quelques heures sur le site d'id Software. Des millions de fans se précipitent, et téléchargent fiévreusement la démo du premier niveau. La surprise qui les attend est de taille. Quake n'a rien à voir avec les prévisions. Si la sortie est sans cesse retardée, c'est en fait parce les développeurs procèdent à des remaniements de dernière minute pour s'adapter à l'attente des fans. Durant les derniers mois de son développement, Quake est passé du médiéval à la Science-Fiction, de nouvelles armes futuristes ayant été ajoutées pour pallier à l'ennui mortel que procuraient les seules armes de lancer préhistoriques. Le héros n'est plus un demi-dieu mythologique, mais un banal space-marine dans la droite lignée de celui de Doom, et les monstres sont plus extra-terrestres qu'autre chose. Quant à l'intérêt du jeu, il s'avère être strictement le même que celui de Doom. Buter les monstres, progresser, trouver la sortie. Pas le moindre aspect jeu de rôle en vue. On pense alors qu'id Software va se planter, qu'ils ont perdu le contrôle de la situation, mais personne ne pense à se pencher vraiment sur la révolution technique que représente le jeu. Lorsque Quake sort finalement à l'été 1996, le choc de cette mauvaise surprise s'est apaisé, et les joueurs prennent le temps d'examiner le jeu de plus près.
De toutes les créations d'id Software, Quake représente la plus grande avancée technique. L'environnement est entièrement en 3D, c'est à dire les décors, comme dans Doom et Duke, mais aussi les personnages, qui ne sont plus plats comme ils étaient dans les jeux cités, mais composés de polygones animés en 3D, ce qui rend possible de les regarder sous tous les angles. L'autre grande nouveauté est l'éclairage dynamique, c'est à dire que l'ombre des objets varie en fonction de l'orientation de la lumière. Cette dernière est du reste améliorée, pouvant varier à tout moment, comme par exemple lorsqu'un cou de feu est tiré. Duke avait introduit la possibilité pour le joueur de lever ou de baisser les yeux, même si cette fonction n'était que d'un intérêt secondaire dans le jeu (on pouvait presque le finir sans s'en servir). Quake explose littéralement les limites de cet outil. Le joueur dispose d'une vision sur 360° qu'il est indispensable d'utiliser avec la souris tant les attaques arrivent de tous côtés. C'est la première fois que le joueur se retrouve une main collée en permanence sur la souris, ce qui rend l'action infiniment plus prenante et réaliste.
Dans l'ensemble, Quake n'est pas aussi amusant et passionnant que Duke Nukem 3D. Le joueur n'éprouve aucune sympathie particulière pour le héros qu'il dirige, qui du coup est transparent et sans charme. Mais l'essentiel n'est pas là. Quake trouve son salut dans son mode multi-joueur (jusqu'à 16 joueurs en réseau local ou sur Internet), et son évolutivité. Sur Internet, le jeu fait des ravages grâce à la maniabilité accrue du héros qui permet de furieux combats. Qu'importe le flacon, l'ivresse est là, les joueurs évoluant en toute liberté dans le monde virtuel que propose le jeu.
Quake sera à sa sortie amélioré pour utiliser les fonctionnalités des cartes 3D (GLQuake), et tournera même sous Windows, avant la sortie de Quakeworld, une extension gratuite permettant de jouer sur Internet facilement. Quake est aussi le premier jeu à disposer d'une console ouverte à l'utilisateur lui permettant de programmer le jeu (dans un langage appelé QuakeC) à sa guise avec presque autant de liberté que les développeurs de chez id Software, le but de la chose étant de voir rapidement apparaître des niveaux supplémentaires crées par des passionnés. Le moteur graphique de Quake est aussi à l'origine de nombreux jeux qui en ont beaucoup mieux exploité les possibilités, comme Hexen II et surtout Half-Life. Quake marque le début d'une période où le FPS est considéré comme l'incarnation ultime du jeu vidéo, un monde virtuel plausible qui, grâce à son interactivité immerge totalement le joueur. Après Quake, ce genre de jeu n'est plus appelé Doom-like, mais Quake-like.
Liens externes :
facelift.quakedev.com
Ce site (en anglais) propose des textures hautes résolutions 24 bits pour Quake.
Il présente également de nombreux moteurs OpenGL qui tirent profit des dernières générations de cartes graphiques.
speeddemosarchive.com/quake/qdq/movies
Sur ce site, on vous propose de télécharger la vidéo qui vous montre comment finir le jeu en 12 minutes et 23 secondes, en mode Nightmare !
Décompressez l'archive et placer le fichier
pak0.pak dans un nouveau dossier appelé
qdqwav dans votre dossier Quake. Puis, dans une console, tapez : C:\...\Quake\quake -game qdqwav.
Le jeu se lance alors tout seul et vous pouvez suivre le joueur pendant 12:23 minutes !