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Entrée de gamme mais puissante ?
Nos derniers tests d'alimentations étaient surtout consacrés à des modèles haut, voire très haut de gamme. Ils proposent des rendements de niveau Gold ou même Platinum, des puissances démesurées et des câbles à foison, mais cela n'est pas adapté à tous les gamers, car cela coûte cher. Corsair l'a compris, et propose un bloc d'entrée de gamme à pas cher, mais qui n'oublie pas les fondamentaux. Modulaire, 600W et certifiée 80+ Bronze, ce bloc, dénommé CX 600M, passe donc sur le grill aujourd'hui. Est-ce le bloc qu'il vous faut ? Réponse dans notre article !


Déballage

L'emballage de la Corsair est compact, mais il met bien en avant les atouts de cette alimentation. A l'avant on a une belle photo, et à l'arrière, on les caractéristiques techniques, avec de beaux graphiques. On pourra également noter que le constructeur communique sur les longueurs des câbles fournis. C'est effectivement une information pertinente, il est assez rageant de ne pas pouvoir utiliser le système de cable management de son boitier parce que le câble est trop court de 5 mm et qu'on ne le savait pas.


La boite recto verso

A l’intérieur, on découvre enfin la bête, bien protégée dans un emballage en bulles plastiques, ce qui est plus pertinent (et sécurisant), à mon sens, que les enveloppes tissus qu'on a souvent rencontré dans de précédents tests d'alimentations et dont on se demandait le rôle exact. Les câbles optionnels sont quant à eux simplement emballés dans un sachet plastique, et il n'y a pas de pochette de rangement de prévue par le constructeur.

L'alim est globalement noire — couleur préférée des gamers — sans fioriture inutile. On voit que la référence du bloc est écrite en vert, qui était la couleur de la boite. Sur le dessus, on découvre le « petit » ventilateur de 120 mm, à l'arrière un bouton ON/OFF est heureusement présent et à l'avant, on voit les 4 connecteurs pour les câbles optionnels.


La CX sous toutes les coutures

Si on regarde le bundle fourni avec cette alim, celui-ci est composé des éléments suivants :
  • 4 Vis de fixation noires ;
  • 3 Attache-câbles ;
  • Les câbles modulaires (4 au total) ;
  • Le câble d'alimentation;
  • Fascicule d'installation et de garantie.

Le bundle et les câbles optionnels

Le bundle est très classique. On remarque que le câble d'alimentation fourni dispose d'une prise américaine, mais c'est juste notre exemplaire de test, venu des États-unis, qui est comme ça.

Test Chroma de la CX 600M
Dans la boite de l'alimentation se trouvait également un élément qui ne fait pas partie du bundle standard : une clé USB — une mini Voyager de 16 Go — estampillée Corsair. Ce n'est pas tant la clé que ce qu'il y a dessus qui est intéressant. En effet, le constructeur y a placé un fichier texte, qui contient les résultats des tests du bloc en sortie de chaine de fabrication. Ce test est dénommé « Chroma », en référence au nom de la société qui produit ces bancs de tests : Chroma ATE, ATE signifiant Automatic Testing Equipment. Évidemment, de tels dispositifs sont bien plus précis et bien plus complets que ce qu'on peut faire à la rédaction de ZeDen.

Parmi le petit millier de lignes du fichier, on trouve quelques informations intéressantes, notamment que la procédure dure un petit quart d'heure. Il est à noter que le test a été fait avec les tensions américaines de 115V / 60 Hz, mais cela ne change fondamentalement rien aux enseignements qu'on peut tirer du bilan Chroma. Le rendement est notamment détaillé, et au pire, il colle exactement à la norme du 80+ Bronze, à savoir 82/85/82 % d’efficacité énergétique, à respectivement 20/50/100 % de charge. Ce niveau de rendement est donc devenu relativement facile et peu onéreux à proposer.

Côté stabilité, rien n'est laissé au hasard. Sur l'étiquette, Corsair indique que le 12V peut délivrer 46 A, et dans le test, on voit que les 5 rails sont chargés à 9.2 A chacun, ce qui fait également 46 A. Dans ces conditions extrêmes, le ripple est au pire de 0,12 ce qui est très faible.

CWT DSA II : la base de la CX Corsair
Pour aller plus loin dans la technique et la transparence, Corsair — qui conçoit mais ne fabrique pas ses alimentions — nous a indiqué être parti, pour ce modèle, d'une plateforme DSAII fournie par CWT, très grand constructeur de blocs ATX OEM. Bien évidemment, les ingénieurs Corsair y ont intégré leur savoir-faire afin de remonter la qualité d'un net cran. Les condensateurs sont donc tous japonais, les transformateurs sont de meilleure qualité, la puce de régulation est plus performante et le tout est placé sur un PCB redessiné, ce qui constitue au final un remaniement en profondeur de la base.

Il est maintenant temps de voir en pratique comment ce comporte ce bloc !

La configuration à alimenter

La configuration de test est la suivante :
  • Carte mère Gigabyte P55A-UD3R
  • Processeur Intel Core i5 750 2.66 GHz
  • Ventirad Scythe Ashura
  • Ram Crucial Ballistix Sport DDR3 VLP (2 x 8 Go) (test à venir)
  • Carte graphique Gainward HD4870 Golden Sample
  • SSD : Crucial V4

Installation

La mise en place de l'alimentation dans le boitier est simple, la Corsair CX étant même un peu plus petite que dimensions classiques ATX. Il a d’ailleurs fallu reculer d'un centimètre environ la patte de support dans le boitier Lian Li V1020 pour que le bloc vienne bien se reposer dessus.


L'installation dans le boitier Lian Li de test

Le montage se fait en 2 temps. On vient fixer sur l'alimentation, via les 4 vis fournies dans le bundle, la plaque de rétention en aluminium. Puis on fait coulisser le tout dans le boitier, jusqu'à ce la CX 600 soit posée sur le socle. On met alors les 4 vis à main pour solidariser la plaque de rétention au boitier, et le tour est joué !

Passons maintenant aux tests.

Protocole de tests

Nous allons nous intéresser à 2 facteurs principaux : la stabilité et la nuisance sonore de l'alimentation. On s'intéressera aussi à la consommation globale du PC.

Stabilité

30 minutes sur le grill
Un des éléments importants d'une alimentation est la stabilité des tensions, quelle que soit la charge. Il faut qu'il y ait le moins de variations possible. La sortie 5 V peut être à 4,90 V, mais elle doit le rester pendant toute la durée du test. Ces variations, dénommées ripple en anglais se mesurent en fait de 2 manières :
  • En absolu : l'écart est en V par rapport à la tension nominale de sortie (3 V, 5 V ou VCore)
  • En relatif : l'écart est en % de la tension nominale de sortie (3 V, 5 V ou VCore)
Ces 2 mesures permettent de bien cerner si l'alimentation est stable ou pas.
Pour réaliser ces mesures, OCCT 3.1.0 est l'outil le plus adapté. Son test de base permet de tester la stabilité de l'alimentation avec le CPU en pleine charge, tandis que son test Power Supply est l'outil royal de test de charge : il pousse le CPU et le GPU dans ses retranchements pour tirer au maximum sur l'alimentation. Direction le site officiel pour le télécharger. On fera des 3 passes successives de 15 minutes du benchmark OCCT.

Bruit

Pour mesurer les nuisances sonores, c'est notre fidèle Voltcraft SL-100 qui sera de la partie. Il sera placé à 20 cm de l'alimentation à l'arrière de notre boitier de test. On utilisera dans ce cas le bench OCCT pour CPU seulement. En effet, comme dit précédemment, le test OCCT Power Supply joue aussi sur la carte graphique, et donc fait augmenter potentiellement la vitesse de rotation du ventilateur surmontant le GPU, ce qui fausserait la mesure. Pour que la vitesse de rotation du ventirad soit fixe malgré sa régulation PWM, on le branche sur un connecteur 3 broches ce qui a pour effet de le faire tourner à plein régime tout le temps. Pour tout savoir sur les mesures avec cet appareil, une lecture de notre article dédié à ce sujet s'impose.

Consommation

Le consomètre
Pour mesurer la consommation globale de la machine, on utilise désormais un petit appareil — dénommé wattmètre de prise ou bien consomètre — qui permet d'afficher la consommation en W de la machine. Cela se branche sur la prise du murale, et le câble 220V de la tour vient se mettre dessus. Cela est plus pratique à mettre en œuvre que le rhéobus Zalman qu'on utilisait avant, et tout aussi fiable.

Résultats

Voici les résultats issus de nos mesures :

Consommation

On a pu comparer la puissance maximum absorbée par la configuration complète, alimentation comprise, avec une autre alimentation 80+ Bronze, la Seasonic MII 620W, en idle et en pleine charge. Cela permet de voir s'il y a des différences entre des blocs au même niveau de certification.

AlimentationConso globale (W) - idle Conso globale (W) - pleine charge
Seasonic MII 620 W79270
Corsair CX 600M80272

On voit à travers ces chiffres qu'entre 2 blocs 80+ Bronze, la consommation est quasi équivalente, à un ou 2 watts près. Les 2 blocs se valent donc à ce niveau-là, et cela donne encore plus de crédit à la certification 80+. Dans tous les cas, afin de profiter du meilleur rendement possible qui se situe environ entre 50 % et 70 % de charge de l'alimentation, il vaut mieux surdimenssioner son bloc, c'est à dire prendre au minimum 500 W pour une configuration « classique ».

Stabilité


5 V3.3 VVCore (1.25V)
Variation (ripple) HGC 620 W - Bronze 0,08 (1,65 %)0,02 (0,47 %)0,02 (1,25 %)
Variation (ripple) BeQuiet 680 W - Gold0,02 (0,41 %)0,015 (0,46 %)0,02 (1,25 %)
Variation (ripple) Corsair 600 W 0,02 (0,41 %)0,03 (0,53 %)0,03 (2.4 %)

La CX 600M à l’œuvre
Le ripple de la Corsair est ici très faible sur les 3 tensions étudiées, ce qui témoigne d'une excellente stabilité. On voit que par rapport à un bloc Antec - Bronze également, offrant une puissance de 620 W mais datant de 3 ans, on est nettement plus stable sur le 5V, notamment. Par rapport à la Be Quiet, presque 2 fois plus chère, la différence est très peu significative. On rappellera tout de même que la norme ATX autorise des variations de 5%, mais plus la valeur est basse et plus longue sera la durée des vies des composants électroniques du PC.

Bruit


ChargeBruit côté (dB)
Idle44,9
Full45,2

Concernant les nuisances sonores, on peut voit que la différence entre pleine charge et idle est très faible, et s'explique plus par l'imprécision de mesure de notre sonomètre que d'une quelconque volonté de la Corsair de se faire entendre. C'est l'avantage d'avoir un bloc surdimenssioné par rapport à sa configuration : il chauffe moins, et donc n'a besoin que d'une discrète ventilation.


Pour aller plus loin sur le fonctionnement des alimentations, nous vous recommandons la lecture de notre dossier consacré au fonctionnement des blocs ATX

Conclusion

Pour un prix savamment étudié, la CX 600 M offre de très bonnes prestations. Dotée des indispensables câbles modulaires, elle n'a pas sacrifié l'aspect silence sur l'autel du bas prix. Les ingénieurs ont parfaitement amélioré la plateforme CWT dont ils sont partis, et on ne peut que les féliciter. Vendu aux alentours de 75 euros, ce bloc est donc particulièrement adapté aux configurations gamers classiques au budget restreint.

Produit recommandé par ZeDen


par Xpierrot Commenter
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Actu du même sujet

La longue fiche technique de cette alimentation est la suivante :
  • Puissance : 600 Watts
  • Rendement : 80 Plus Bronze
  • Connecteur ATX : 1
  • Connecteur EPS : 1
  • Connecteurs PCI-E : 2
  • Connecteurs de périphérique : 4 broches 4
  • Connecteurs SATA : 3
  • Connecteurs disquette : 1
  • Modulaire : Oui
  • MTBF : 100 000 heures
  • Garantie : Trois ans
  • Prix : 75€ chez notre partenaire materiel.net ou 62€ chez Amazon.fr