Ce n'est pas ma guerre
Retour à la WW II On pourrait s’étonner de la décision de
Treyarch de revenir à la Seconde Guerre Mondiale, tellement cette dernière à été source d’inspiration pour de nombreux jeux. L’opus précédent,
Modern Warfare, ouvrait pourtant de nombreux horizons scénaristiques et aurait pu envoyer cette "suite" sur de nouvelles pistes.
Utilisant le même moteur graphique de l'épisode précédent,
Call of Duty 5 : World at War n’aura aucun mal à tourner sur de nombreuses configurations et sur consoles. Les images par seconde défilent, les modélisations sont correctes et les textures soignées. Cependant, même si le jeu reste graphiquement immersif, il reste un cran en dessous de ce qui ce fait actuellement –
Crysis pour ne citer que lui - limitant ainsi les effets visuels afin de le rendre, ou du moins essayer, l'aspect visuel un peu réaliste.
La guerre, c'est sale
Certaines scènes sont un peu crues, mais pompées sur les meilleurs films de guerre Réaliste était le maître mot de cet épisode, les développeurs se targuant d’avoir employé, pour mettre à bien leur œuvre, de nombreuses informations et documents d'archives. Cependant c’est à ce demander si celles-ci été exactes, où est-ce la faute à une intelligence artificielle totalement défaillante ? Il n’est pas rare en effet de voir des soldats (japonais en particulier) courir seuls désespérément vers des dizaines d’alliés pour ensuite traverser la meute (ces moutons ne leur tireront même pas dessus) et venir sur VOUS. Démarche plus suicidaire que réaliste s'il en est.
Il en va de même pour les différentes missions, celles-ci sont linéairement réussies, vous ne risquerez pas de vous perdre dans ce jeu. Il vous suffira simplement, d’avancer jusqu’à l’objectif en tuant tout ce qui bouge. Si vous prenez un tir de
sniper ou même un obus, ne vous inquiétez pas, quelques secondes à l’abri des tirs ennemis et votre santé reviendra. Pire, même dans les missions en tank, vous reprenez votre vie de cette manière ! C’est donc ça, le réalisme selon Treyarch ?
Le film interactif dont vous n'êtes pas le héro
La campagne russe est un peu plus réussie, en grande partie grâce à ce chef charismatique qui met l'ambiance Malgré tout ces petits désagréments, il est une chose qui reste inhérentes aux jeux de la licence
Call of Duty : c’est son rythme et son ambiance. Les balles fusent, le ton est rythmé, et l’ambiance encore plus violente qu’avant ! Plus violente, plus sombre aussi, c’est bien le ton donné dès le début du jeu avec les séances de tortures par les japonais sur les soldats américains. Violence omniprésente donc, qui se manifeste aussi dans les combats : vous pourrez ainsi découper vos ennemis, les poignarder, les enflammer – d’ailleurs les alliés sont moins inflammables que les ennemis, bizarre non ?
L’action elle, se déroule devant vos yeux sans que vous ayez l'impression de prendre part au conflit. L'alternance entre les phases de jeu dans le Pacifique (où vous incarnez un américain) et les phase en Europe (ou vous incarnez un Russe) plombe totalement la narration. Et malgré la présence de cinématiques assez classes qui mêlent images d'archives, images de synthèses et textes bien intégrés. En plus de ça (comme si ça suffisait pas !), le sentiment de réchauffé est très vite apparent, le jeu aurait très bien pu être un
add-on vendu à 30€.
À deux, c'est mieux
Les joies du lance-flammes Heureusement, le jeu a un contenu un peu conséquent, avec en plus de la campagne solo un mode multijoueurs et un mode Coop. C'est sur ce dernier que je vais revenir, car chez nous, le Coop, on aime ça. Bon, ça suppose d'avoir des amis, mais un fois cette barrière franchie, c'est l'éclate totale. La campagne Coop n'est pas identique à la partie solo puisqu'elle a été tronquée (certaines parties de Snipe on été virées par exemple) pour mieux coller à l'action à deux joueurs. Attention cependant, le jeu n'a — malheureusement — pas été développé autour de son mode Coop et ce dernier manque un peu de finition. On a parfois l'impression, et ce malgré la présence de l'écran splitté, de jouer chacun sa campagne de son côté. Cette impression est renforcée par deux choses, d'une part, par le fait que les joueurs ne peuvent pas se "voir" : si je tourne la tête pour voir mon pote et qu'il fait pareil, je ne le vois pas face à moi sur mon écran (comme si c'était un bug) ; et d'autre part, par le doublon des cinématiques : chaque joueur voit la même cinématique sur sa moitié d'écran sans avoir l'impression de vivre la même chose que son camarade. Heureusement la possibilité — Nécessité ? — de relever son ami tombé au combat par une petite piqure de morphine donne un peu plus l'impression de vivre le jeu en Coop. Autre bon point, la difficulté est assez élevée (pas en facile hein) et donne du fil à retordre, même à deux joueurs confirmés. Donne du fil à retordre ne signifie pas plus intelligents pour autant, c'est simplement qu'ils visent bien et qu'ils font mal. Et si les combats contre des bots vous saoulent, il vous reste toujours le multi.
Et à plein, c'est encore mieux ?
Une des cartes multijoueur du jeu, avec des véhicules Pompé sur
Call of Duty 4 : Modern Warfare, le mode multijoueur est de bonne facture (mais bien pompé hein : le HUD est quasi identique, la personnalisation des classes, les perks déblocables et on on retrouve même les sensations dans les déplacements). Les développeurs ont adapté les nouveautés incluses dans le 4e épisode en les transformant à la sauce Seconde Guerre Mondiale : le viseur laser devient un réticule à placer sur votre arme, les grenades flash des signal flares, l’airstrike des tirs d’artillerie ou d'aviation. Seule innovation, l'hélicoptère est remplacé par une meute de chiens (7 frags sans mourir vous donnera accès à la meute) plutôt casse-couille car très létale et très résistante. La meute met en tout cas beaucoup de piment dans les parties et fait monter le stress aux premiers aboiements.
Il y en aura toujours un ou deux pour chipoter en disant que certaines armes n'ont pas vraiment de pêche ou que certaines cartes sont moyennes, mais globalement, il y a moyen de s'amuser sur le mode multi qui est solide. J'ai pu le tester sur Xbox 360 et PC et il s'est avéré identique sur les deux plateformes. La principale innovation de ce mode multi, ce sont les véhicules. Et ils sont accessoires dans beaucoup de cartes, car ils doivent se contenter de se mouvoir dans un chemin balisé obstrué par des obstacles infranchissables et des murs invisibles.
Le multi est donc de bonne facture, mais voilà, à sortir un jeu par an
Activision divise sa communauté multijoueurs qui a donc désormais le choix entre le N°4 et son multi très bien équilibré et un N°5 un peu en deçà, mais qui de toutes façon à pompé toutes les bonnes idées de son aîné et propose donc un contenu identique.
En fin de compte
Call of Duty 5 : World at War déçoit, surtout qu'il souffre de la comparaison du très bon opus pondu par
Infinity Ward l'année dernière. Le gameplay n'est pas innovant, les graphismes ne sont pas fabuleux, la durée de vie n'est pas extraordinaire, le multi est un peu en deçà de celui de
Modern Warfare et, pire de tout, on se fait vite chier. Heureusement que le Coop sauve la campagne solo.