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Suite à la nouvelle d'Ouamdu publiée il y a près de trois semaines, je me suis senti obligé de parler des jeux que l'on attend, et de la responsabilité des compagnies vis-à-vis des joueurs quant à l'information médiatisée, relative aux dates de sorties, qui s'avère souvent fausse. Mais cet article, ou peut m'importe le nom qu'on lui assigne, traite plus largement du sujet de l'attente de jeux vidéos et des médias, ainsi que des compagnies qui développent ces jeux que nous attendons. Je n'épargne pas de têtes dans ce qui suit, et cela ne représente que mon point de vu personnel. Aussi êtes-vous libre de vous faire entendre dans les commentaires et de de faire savoir à tous ce que vous en pensez.

Je trouve extrêmement douteux tout propos tenu voulant que Half-Life 2 est d'ores et déjà le meilleur jeu de tous les temps, pareillement pour Doom 3 ou tout autre jeu qui serait susceptible d'être idolâtré. L'investissement et le temps de développement consacrés à un jeu ne correspondent pas directement au résultat final, pas plus que l'efficacité de leur campagne publicitaire. Et même un jeu très réussi n'est pas forcément amusant en bout de ligne.

Mais qui est responsable d'un tel retard, et de la mésinformation qui entoure ces retards astronomiques ?

Le retard d'Half-Life 2 et les raisons qui l'ont provoqué, bien qu'il est vrai que ce soit plutôt nébuleux, retombent évidement sur les épaules du porte parole responsable qui en est l'émetteur. Je ne vois pas comment on pourrait dire que Gabe Newell n'est pas responsable des informations trompeuses qu'il a largement répandues. C'est lui qui annonce les dates de sorties, et c'est à lui d'annoncer des dates qui se tiennent. Il ne faut pas s'étonner, ensuite, si on se fou de sa gueule à chaque 3 minutes. Il a perdu tout[e] crédit[bilité] et il en est même très endetté.

Je suis sûr que Half-Life 2 possèdera des caractéristiques et éléments très intéressants qui en feront peut être un jeu utilisé après en référence, mais j'appel à la prudence. Il ne faut pas jurer d'un jeu. On a tous déjà eu de bien mauvaises surprises et même un excellent jeu peut décevoir si on s'attend à trop.

Duke Nukem Forever, Doom 3, Half-Life 2....

Ces trois grosses montures qui nous font baver depuis une éternité (quoi que l'on rie plus souvent de DNF depuis 1 an et demi - 2 ans) sont tombées dans le piège de la perfection. Les développeurs peaufinent à outrance, à un tel point que la technologie évolue beaucoup en même temps, et que ce qu'ils faisaient auparavant se trouve dépassé. Le cas de Duke Nukem Forever est le pire exemple actuellement.

Half-Life 2, c'est sans doute différent, mais avec la dernière annonce de Gabe Newell, on sent bien qu'ils nous feront attendre aussi longtemps qu'ils le pourront, et Half-Life 2 ne sortira que lorsqu'ils n'auront plus un rond pour l'améliorer. Ils feront alors une sortie en catastrophe pour éviter qu'il ne sorte après un jeu plus avancé graphiquement, ou encore, ils arrêteront d'investir lorsqu'ils auront calculé que ce n'est plus rentable d'injecter de l'argent dans un tel projet. C'est à cette époque qu'ils cesseront de se venter de la très longue période qu'ils ont prise pour développer HL2, et des gros montants qu'ils auront investi. Sans compter qu'après tout ça, c'est dans leur image de compagnie qu'il faudra penser investir.

Je sais que mes propos sont peut être un peu exagérés, mais cette logique est très près de la réalité.

Du côté de Doom 3, c'est, je crois, encore un peu plus différent. id Software a la réputation de développer des jeux qui servent de plate-forme de présentation pour leurs moteurs graphiques. C'est ce que nombreux ont été à leur repprocher avec la publication de Quake III, qui reste finalement un jeu très sympa dans son genre. De voir le développement d'un jeu s'éterniser ne leur plaisent guère, car à peine un moteur graphique achevé que John Carmack commence déjà le suivant. id est à la tête de l'industrie du jeu vidéo dans ce domaine et compte y rester, cela ne fait aucun doute. Mais cette fois-ci, les choses ne se passent pas comme en 1999. Cette fois-ci, id a promis que Doom 3 ne serait pas une simple plate-forme pour présenter son moteur. Ils promettent un jeu divertissant, qui nous fait pisser dans notre pantalon. L'attente est grande, et ils ne souhaitent pas décevoir. De plus, ils n'ont jamais donné de date de sortie. Nous n'attendons pas moins pour autant.

Après ces jeux, en viendront d'autres. D'une façon ou d'une autre, le temps de développement des jeux vidéos futurs devra être écourté ou nous assisterons à une profonde transformation de l'industrie du jeu vidéo. Autrement dit, une hausse importante du coût de développement, du nombre d'employés dans les studios de développement ainsi que de la durée de développement.

Les deux politiques médiatiques actuelles affichées ouvertement par les compagnies sont très critiquables.

La première politique que je trouve déplorable comme vous tous, j'en suis sûr, c'est celle qui consiste en donner des dates de sortie totalement frivoles et retarder ensuite la date réelle de sortie tous les trois mois pendant plus d'un an. Cette façon de faire est tout à fait écoeurante. On devient lasse d'attendre pour des jeux qu'on aurait cru déjà en vente depuis des mois. Fruit d'une dure compétition entre les compagnies, on nous en met plein la vue avec des produits qui ne sont pas prêts de sortir et on rend ainsi fade ce qui se fait au présent, ce à quoi les gens ont accès.

La seconde politique de plus en plus affichée par les compagnies les plus riches, c'est celle du « When it's done ». Il est tout à fait normal qu'une compagnie ne puisse prévoir le moment précis où leur jeu sera terminé, étant donné tous les imprévus et la longue période durant laquelle le développement se fait. Half-Life 2 n'est pas sorti le 30 septembre 2003. Quoi qu'il en soit, on nous montre les jeux en développement souvent plus d'un an avant leur sortie sans vraiment avoir de date de sortie précise. Ici, le problème est plutôt dans les idées : avec le temps, le développeur décide de revoir ses priorités et pige dans sa grosse bourse pour repartir six mois ou plus dans un long cycle de développement. Doom 3 sera présenté encore cette année à l'E3, même s'il est vrai qu'il n'aura pas son propre kiosque, alors que déjà l'année dernière, on nous avait dit qu'il n'y serait pas.

Il serait temps de trouver un juste milieux. Actuellement, on assiste à des annonces précoces de futures technologies comme, très récemment, le Unreal Engine 3. Mais quand est-ce que, en réalité, un jeu sortira-t-il sur cet engin ? Dans six mois ? C'est peu probable. Ce qui est regrettable de cette seconde politique, c'est que nous restons dans la totale incertitude durant une très longue période, et on ne peut donc s'attendre à rien. On a de quoi être bien déçu après, de la manière que se déroulent les choses. Cette conception des médias a au moins le mérite de ne pas nous mentir. Il serait très intéressant de voir se mettre en place une sorte d'équilibre entre les deux. Les développeurs pourraient afficher ouvertement des « temps de développement encore nécessaire » réalistes et s'en tenir à leurs idées. S'ils veulent ensuite ajouter quelque chose, rien ne l'empêche.

Ainsi, on saurait mieux comment réagir face à leurs annonces. Je pense notamment aux centaines de milliers de gens qui ont dû se procurer une nouvelle carte graphique - voir même un PC tout entier - pensant Doom 3 ou Half-Life 2 sur le point de sortir... il y a déjà bien des mois.

La vérité, c'est qu'ils sont très irresponsables dans leur manière de faire les choses. Comme preuve, on a respectivement le bundle Carte graphique + HL2 proposé chez ATI et le sceau Doom 3 chez NVIDIA. id Software évite soigneusement de donner une date de sortie, mais nourrit d'une façon ou d'une autre la possibilité que leur titre soit prochainement en vente... et c'est le cas depuis des mois. C'est un peu comme dire qu'on ne sait pas quand il sortira, mais que cela pourrait être très prochainement. Une façon simple et efficace de faire en sorte que les gens se tiennent au courant et de faire monter l'attente, et par conséquent, la réussite commerciale du titre.

Le plus pathétique, c'est qu'à la vitesse où évoluent les cartes graphiques et le hardware en général, à force de répéter que leurs jeux seront compatibles avec des Celeron 1Ghz & GeForce 2, beaucoup de gens se sont procuré un matériel décrit comme amplement suffisant il y a six mois. Mais comment vont-ils réagir, ces consommateurs, alors que la prochaine génération de cartes graphiques va sortir sous leur nez, avant même que Doom 3 et HL2 n'aient fait mine d'arriver ? C'est là qu'on se rend compte de notre responsabilité de consommateur et de la perfidie des compagnies qui ne font que, après de belles promesses, pomper le plus d'argent possible. Ça craint d'autant plus qu'en 2003, pas un seul FPS est sorti qui valait vraiment l'achat d'un nouveau PC (cela dépend bien évidemment des goûts, mais la plupart s'entendent pour dire que ce fut une année exécrable). Les compagnies de jeux mettent la pression et font des alliances avec les compagnies de puces graphiques, lesquelles financent indirectement le développement des gros jeux.

2004 c'est, du moins l'espèrent tous les joueurs du monde entier, l'année où ces jeux que nous attendons depuis trop longtemps devraient sortir. Mais en sommes nous si sûrs ? Pas vraiment, finalement. Six mois, dans le développement d'un jeu, de nos jours, c'est vraiment rien. Conséquemment, les compagnies, les premières, ne peuvent afficher de réelles certitudes que lorsque le jeu est réellement terminé. Cela leur nuie commercialement, et on ne doit donc pas s'attendre à ce que les pratiques changent.

Le plus amusant, c'est que de plus en plus, on nous montre ce dont auront l'air les jeux dans un futur assez éloigné, et, de plus en plus, les jeux prennent du temps à être développés. Ainsi, lorsque les jeux sortent, ils n'impressionnent plus autant qu'avant, forcément. À ce rythme, les technologies développées pour les jeux vidéos auront rattrapé l'industrie des effets spéciaux du grand écran, mais pas un seul jeu ne sera avant longtemps disponible sur de tels supports. Un gouffre se crée entre la technologie existante et la technologie employée dans les jeux qui sortent dans les magasins. Je me demande sérieusement si ce gouffre va continuer de se creuser, où si ce n'est que nous sommes véritablement dans un creux, dans une pause, de l'évolution du jeu vidéo. Cela reflèterait-il l'état des finances américaines ? Et à quoi devons-nous nous attendre après la sortie de Doom 3 et d'Half-Life 2 ? Je me le demande.
par Zork 5 commentaires, dernier par gbb
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Commentaires

ReGeDiX(Lecteur attentif LUI)

Visiteur
(#2) 07 mai 2004 à 20h00
Moi j'ai tout lu, je pense que Zork a tout a fait raison les responsables du projet HL² nous mentent afin de pouvoir garder dans notre tête la sortie de HL².
Si il nous disent que ce jeu sort dan s 6mois il y a longtemps que des milliers de gens ce seraient fait les dents sur un autre jeu que celui ci mais en nous promettant continuellement la sortie de ce jeu (qui il faut le dire sera une vrai bombe malgré le retard) nous garderons nos sous sous pour financer qui sait HL3 peut être.
en tout cas je pense que ce projet est pofiner pour devenir le plus grand jeu de toute l'histoire du jeu vidéo si Valve met autant de temps et d'argent dans ce jeu il est certain que c'est pour gagner le gros lot, peut être un tournant dans la vie valve, la fortune ou la pénurie total d'argent, sorte de risque qui en vaut je pense le coup.
le problème aujourd'hui est de savoir si les joueurs seront assez patient...alors au final a quand la sortie de ce jeu??

ReGeDiX

ps:moi aussi c'est long mais c'est pas forcement chiant!!^^
utr_dragon

Rédacteur en Chef/Dieu
Nb msg : 2503
(#3) 08 mai 2004 à 00h21
Le tout est très intéressant zork. Cependant (a mon avis) tu manque un point essentiel en oubliant de mentionner les fausses promesses des fabriquant de cartes graphiques, qui ne sont pas du tout en accord avec les jeux...
je m'explique, Quand une nouvelle série de cartes sort on nous promet un tas de choses et merveilles, cependant en parallèle on nous sort que ces vertex shaders 3.0 et autres gadget ne seront jamais utilisés dans les jeux avant au moins 3 ou 4 ans...
Pourquoi acheter une carte en bundle avec le-jeu-de-la-mort-qui-tue-sa-mere-car-il-est-beau alors que ce jeu n'exploite meme pas a 60% les cartes existantes !!
Pour que ces ventes jeux+cartes graphiques aient un sens il faudrait qu'il y ait un réél travail des développeurs de jeux et créateurs de cartes (c'est pas dur sur le marché il y en a que deux), pour alors sortir un jeu qui vaille le coup justement d'acheter la carte, un jeu qui sort avec la moitié à peine des effets que peut gérer la carte, c'est du n'importe quoi !
Sur ce point il ne fait aucun doute que les développeurs console sont plus honnêtes, ils exploitent les machines a 100%, au lieu de tout le temps regarder vers l'avenir, monsieur les développeurs regardez vers le présent !!!!!
Et surtout ne venez pas me dire que ma carte graphique est obsolète au bout de 6mois alors que vous etes meme pas arrivés à l'exploiter jusqu'au bout.... gros foutage de gueule
No comment !
Onduril

Visiteur
(#4) 08 mai 2004 à 02h40
Deux petites remarques pour "compléter" sur l'évaluation du temps de développement.
On se heurte à diverses logiques :
- Celle du distributeur, lui, il veut vendre le jeu aujourd'hui, puisque c'est aujourd'hui qu'il y a la demande (cf. les précommandes).
- Celle de l'editeur, comme vivendi-Universal games qui veut absolument que le jeu sorte dans son année fiscale (sous peine de se vendre au plus offrant) et fait pression pour cela.
- Celle du patron du studio, qui a calculé la durée du developpement par rapport au minimum garantie de l'éditeur, de l'avance sur royaltie, ou des fonds disponibles
- Celle du game designer (souvent proche de celle du joueur) qui veut absolument ceci et celà, sinon, le jeu ne peut pas sortir
- Celle du programmeur qui ne voit pas vraiment comment faire tout ca sans consacrer un minimum de temps à faire des "recherches"
- Celle du graphiste à qui l'on demande d'utiliser des outils encore en cours de développement, et pour qui attendre, c'est peut être ne pas faire les choses pour rien. Graphiste a qui l'on demande aussi d'en produire toujours plus -> plus de details, plus d'animations...
- Celle du level designeur, qui aimerait bien être certain du gameplay avant de construire dans le vide.
- Celle du testeur, qui trouve encore 20 bugs par jour...

Bref, peut-être faut-il systématiquement se demander d'ou vient l'info...
- Les distributeurs et l'éditeur n'ont aucun interet à prévoir une date trop tardive.
- Le patron de studio (enfin, si c'est un petit studio) peut souvent donner un majorant de la date -> "la c'est sur, on aura plus un sous" (enfin, il le fera rarement publiquement). S'il trouve un financement ca pourra éventuellement être repoussé, mais c'est pas si fréquent en cours de developpement.
- Le grouillot de base peut souvent donner un excellent minorant sur la date de sortie, minorant qui trés souvent dépasse amplement la date de l'editeur -> "Ah non, c'est sur avec tout ce qu'il y a à faire et à la vitesse de developpement actuelle, on ne pourra en aucun cas avoir finis avant noel"

Voila...
LeChat

Visiteur
(#5) 08 mai 2004 à 10h47
Merci, très interressant article.

A utr_dragon : si les jeux exploitaient 100% des possibilités des nouvelles machines / cartes graphique ils n'en vendraient pas beaucoup. Peu de joueurs peuvent renouveller leur matériel tous les six mois.
Il vaut donc mieux que leurs jeux tournent sur un maximum de matériel. En conséquence toutes les capacités des derniers matériels sortis ne sont pas exploitables.
gbb

Visiteur
(#6) 08 mai 2004 à 22h16
mouais mais hl2 est un jeux comme doom 3 d'ailleru attendue pr des millier de fan,les gars doive avoir la pression,les chtons de se planter
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