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Attention : ovni vidéoludique en vue
Sorti de nulle part et disponible quelques jours à peine après avoir été annoncé, Lovely Planet est un FPS indépendant très atypique développé par le studio indien Quicktequila. Ne vous fiez pas à son univers coloré, Lovely Planet est un Platformer-FPS dans la grande tradition des « die-and-retry ». Car oui, vous allez crever, encore et encore, et le pire, c'est que ce sont des monstres en forme de guimauve qui vont vous faire échouer...


Lovely PLanet : un shooter-plateformer atypique

Les niveaux sont extrêmement rapides
A l'instar de Deadcore (voir notre preview), Lovely PLanet est un mélange de shooter et de platformer. Le but du jeu est de traverser le plus vite possible et en éliminant tous les ennemis, des niveaux très courts. Les niveaux les plus simples peuvent durer moins de dix secondes, mais même les plus durs n'excéderont guère la minute de jeu. Par contre, ils sont relativement difficiles. La difficulté d’un passage tient dans la perspicacité et la dextérité qu’il nécessite pour être traversé. Cela suppose trois moments différents : l’observation (combien de pièges et d’ennemis ?), la réflexion (comment les éviter ?) et la dextérité (surmonter les obstacles). Les développeurs étant un peu sadiques, ils ont placé des ennemis derrière chaque mur, ainsi que des « personnages » neutres qui ont la même forme que les ennemis mais pas la même couleur (bleus contre rouges pour les ennemis) qui ne seront là que pour vous faire mourir si vous les touchez et qui mettent donc vos réflexes à rude épreuve. Vous devrez donc recommencer inlassablement les niveaux jusqu'à les connaître par cœur et effectuer le parcours parfait.

Un gameplay à ajuster

Un flingue à pixels !
L'arme unique du jeu tire un projectile unique (disons, un gros pixel) qui est extrêmement lent. Pour dire, votre projectile est parfois plus lent que vous, ce qui fait que si vous tirez sur un ennemi en sautant vers lui, vous pourrez mourir si vous arrivez avant votre projectile. Pour palier un peu ce problème, les développeurs ont mis des hitbox énormes sur les ennemis, parfois même jusqu'au ridicule : vous pourrez tirer à plusieurs centimètres des ennemis et les toucher quand même. Il faut dire, l'arme tire bizarrement, et à longue distance sa précision est catastrophique — on ne tire jamais où l'on veut tirer. Alors que pour remédier à ce problème il aurait simplement fallu avoir une arme avec un mode de tir secondaire plus rapide, quitte à limiter les munitions, ou alors ajouter un malus (comme le recul par exemple). Si le principe du jeu est sympathique et pousse à s'améliorer constamment, on regrette toutefois que la progression dans le titre soit quasi-nulle. Vous rencontrerez en effet toujours les mêmes ennemis (avec quelques variantes), dans des niveaux toujours identiques, avec le même aspect et les mêmes couleurs. Sachant que le jeu propose une centaine de niveaux, on sent vite poindre l'ennui...

Piou, piou... Aaargggg

Des cœurs partout
Le sound design est un autre point sensible du jeu. Les développeurs ont sans doute pris un peu trop de tequila pendant le développement, ce qui fait que les sons du jeu sont ratés et extrêmement plats. Le son de l'unique arme du jeu est proche de l'insupportable (le fameux « Piou, piou »), les râles d'agonie des ennemis sont loufoques (« Aaargggg ») et, le pire du pire, la musique est absolument insupportable. Chaque zone possède un seul thème musical qui tourne en boucle, et c'est une sorte de mélodie agressive (pour les oreilles j'entends) qui vous donnera envie de brûler vos enceintes. Un sage conseil est de couper cette musique assourdissante, surtout que les niveaux doivent parfois être recommencés en boucle des dizaines de fois d'affilée, ce qui porte également atteinte aux nerfs. Mais le plus dérangeant avec ces sons, finalement, ce n'est pas tant leur côté loufoque que leur inutilité en termes de gameplay : on ne sait pas quand un ennemi nous tire dessus, on n'entend pas si on a touché ou non un ennemi (et cela peut avoir des conséquences en fin de niveau, car si vous avez raté un ennemi, le niveau est perdu), etc.

Une interface pénible...

Pratique le menu...
Si nous devons saluer l'effort des développeurs pour avoir imaginé un menu principal original, il faut bien avouer que sa réalisation est proche de la catastrophe en termes d'ergonomie. La navigation se fait par le clavier, sur des menus en gros plan au centre de l'écran, tellement gros qu'il est difficile de lire les lignes de texte en entier. Par ailleurs, les informations en jeu sont sommaires et plutôt lacunaires. Si des étoiles sont gagnées à chaque fin de niveau, on ne sait pas très bien à quoi elles correspondent et comment on peut améliorer ce score.

...Pour un jeu plat

Graphiquement, le jeu est... Bon bah voilà, quoi.
Graphiquement, le jeu exploite l'Unity Engine, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne fait pas vraiment honneur au moteur. Les développeurs ont fait le choix d'un jeu épuré, avec quelque chose comme 16 couleurs pastel et pas de textures. Ceci dit, le jeu ne gagne pas en personnalité, et les niveaux se ressemblent tous comme deux gouttes d'eau, malgré le fait qu'ils soient divisés en mondes distincts. De plus, le jeu fait très plat, car il ne possède aucune ombre ni source de lumière. L'univers est de plus très mal exploité, et l'on a donc du mal à accrocher à ce côté « japonais-otaku-étrange », puisque que l'on ne se sent jamais projeté dedans.

Conclusion

Il est difficile de donner une appréciation à un ovni vidéoludique comme Lovely PLanet. D'un côté, son concept addictif et son univers coloré en font un jeu attachant ; mais de l'autre, des erreurs grossières en termes de réalisation le pénalisent et l’empêchent constamment d'atteindre des sommets. Ajoutez à cela que la musique est insupportable et que les menus sont absolument anti-ergonomiques, et vous obtiendrez les recettes d'un gâchis, d'autant plus que sa réalisation ne pousse absolument pas à aller vers lui naturellement. Si vous aimez le die and retry, le jeu offre pourtant quelques belles expériences, surtout qu'il est proposé à moins de 5€ (et même moins de 4€ pendant la période de lancement). Lovely PLanet est donc un FPS a réserver à un public averti.


par utr_dragon 1 commentaire par Jean-Charles
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Commentaires

Jean-Charles

Technicien aux archives
Nb msg : 320
(#1) 10 août 2014 à 22h13
Ah ouais, l'éditeur tinyBuild GAMES est également celui qui est derrière No Time To Explain : http://store.steampowered.com/app/227280/
Faut pas plus qu'une GeForce 3 pour ces deux jeux
Héberger mes images en un clic

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Le jeu a été testé sur Steam/Linux à partir d'une version commerciale fournie par le développeur.