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Le retour de la campouze
Pas découragés par un premier épisode franchement anecdotique, les développeurs de CI Games (City Interactive) nous gratifient d’une suite pour leur simulateur de tireur d’élite, sobrement intitulé Sniper : Ghost Warrior 2. Les bourrins de service peuvent donc rengainer leur bazooka, ici précision et discrétion seront les maîtres mots pour aligner sournoisement les headshots, aussi bien en solo qu’en multi-joueurs. Dans ce duel à distance avec Sniper Elite V2, le titre a-t-il su apprendre des erreurs de son ainé pour éviter un nouvel échec ?

Debout les campeurs !

Vous incarnez Cole Anderson luttant contre une menace bactériologique
Dans la peau du tireur d’élite Cole Anderson, le joueur devra sauver le monde d’une menace bactériologique impliquant des mercenaires russes et autres terroristes balafrés dont on se désintéressera rapidement, la faute à un scénario peu inspiré que Steven Seagal n’aurait sans doute pas renié dans l’un de ses direct-to-video. Dans le même ordre d’idée, la mise en scène fonctionne à l’économie, avec quelques cinématiques bien cheap dans lesquels des protagonistes au charisme absent se débattent dans un univers générique à souhait. On est loin de la réalisation spectaculaire et tape-à-l’œil des ténors du genre, en dépit de la présence ponctuelle de quelques scripts venant briser (un peu) la monotonie. Ce que Sniper : Ghost Warrior 2 a repris des Call of Duty et consorts en revanche, c’est la durée de vie famélique de la campagne solo, puisque celle-ci pourra être bouclée en 6 heures, cinématiques incluses. 10 missions regroupées en 3 actes (les Philippines, le Sarajevo en pleine guerre de Yougoslavie et le Tibet), c’est bien peu, et on pestera d’autant devant ce manque de contenu qu’un acte supplémentaire est proposé sous forme de DLC vendu au prix fort (on y reviendra plus loin).

Il faudra souvent se contenter de suivre un PNJ
Il faudra donc se contenter d’une campagne bien courte pendant laquelle notre Vassili Zaïtsev des temps modernes alternera séquences de tir aux pigeons et phases d’infiltration. Dans les faits, le héros se contentera de suivre sans réfléchir et dans un espace soigneusement balisé les indications du HUD et des PNJ qui l’accompagneront sur le terrain. S’accroupir, avancer de 50 mètres, dégommer telle cible... Ajoutez à cela la présence d’un réticule de visée lors des phases de snipe ruinant tout l’intérêt des tirs à distance, des cibles très peu mobiles et l’absence quasi-totale de limites de temps lors de la visée, et on comprendra alors que, ruinée par une telle débauche d’assistance, la campagne se montrera bien trop facile pour convaincre. On conseillera alors au joueur un tant soit peu aguerri de pousser la difficulté en Expert : privé de la plupart des aides de jeu, ne pouvant compter que sur ses jumelles et la vitesse du vent pour repérer ses cibles et les éliminer, le joueur y trouvera une expérience de jeu un peu plus gratifiante. Malheureusement, changer la difficulté de gommera pas la grande linéarité du titre, qui à quelques séquences près (l’affrontement contre des snipers planqués dans des immeubles en ruine à Sarajevo) a toute les peines à retenir l’attention et à effacer le sentiment de « déjà-vu en mieux ailleurs ».

Dans la ligne de mire

Progresser avec discrétion constituera la plupart du temps le meilleur moyen d’atteindre la fin de la mission
Pour être complet sur le mode solo, on ne se contentera pas d’éliminer en traitre les gardes qui s’offriront généreusement à nos balles puisqu’il faudra également de frayer un chemin jusqu’à eux. Progresser avec discrétion constituera la plupart du temps le meilleur moyen d’atteindre la fin de la mission mais il sera tout à fait possible de sortir son arme secondaire (un pistolet équipé d’un silencieux) ou son couteau pour faire le ménage. Attention toutefois à ne pas être repéré par les gardes, sous peine de déclencher l’alarme et d’affoler tous les ennemis situés aux alentours. Ceux-ci feront alors l’étalage de leur intelligence tout à fait artificielle puisqu’ils se contenteront au mieux de suivre une trajectoire bien définie jusqu’à votre position, au pire de rester sur place en attendant d’être abattu. Dommage pour l’immersion. On regrettera également l’interaction très limitée avec les éléments du décor (quelques bidons d’essence à faire exploser ça et là) ; il ne sera ainsi pas possible de ramasser les armes des ennemis et il faudra se contenter pour seuls items des quelques munitions et medikits disséminés sur le parcours. Histoire de gonfler artificiellement la durée de vie, on trouvera bien quelques objets cachés à collectionner dans les niveaux (avec pour seul bénéfice le déblocage des inénarrables trophées) mais dans l’ensemble, la campagne aura bien peu à offrir une fois le générique de fin terminé.

Malgré la présence du CryEngine 3, les graphismes ne sont pas fameux
Pour parachever le tableau, bien que porté par le moteur CryEngine 3 (dont les performances sur Crysis 3 ont provoqué plus d’un décollement de rétine), l’aliasing très présent et les textures parfois grossières (la végétation notamment) sont là pour nous rappeler que l’on a affaire à une production bien éloignée des standards actuels en matière de AAA. Les missions se déroulant au Tibet semblent ainsi bien pâles en comparaison du rendu impeccable que l’on pouvait constater dans un Uncharted 2 : Among Thieves, et même si on ne demande pas à Sniper : Ghost Warrior 2 d’être à la hauteur du maître-étalon de la PS3, nous étions en droit d’espérer un peu mieux pour un titre sortant en fin de génération. La patte artistique ne se démarque pas non plus particulièrement de la moyenne du genre, même si on n’attendait pas forcément un FPS « réaliste » sur ce registre. Pour être tout à fait juste, on trouvera bien quelques environnements plus réussis que d’autres, mais pas de quoi justifier le périple en mode solo. Pour compléter le tableau, il faudra également compter la présence de bugs de collision, dont certains obligeront à recharger la partie.

Un multi pour rien ?

City Interactive a cru bon nous proposer un mode multijoueurs
Parce que les parties de camping, c’est plus rigolo à plusieurs, City Interactive a cru bon nous proposer un mode multijoueurs. Dommage qu’à l’instar du solo, son contenu soit ridicule : un seul mode de jeu (Team Deathmatch) et 2 maps (au level design peu inspiré de surcroit) à se mettre sous la dent, on ne peut pas dire que les développeurs se soient foulés. Si l’on ajoute que l’aide à la visée du mode solo est de la partie, que le scoring se contente du strict minimum (les headshots comptent double, c’est tout) et qu’il n’y a aucun système de progression, on comprendra que seule une bonne dose de masochisme poussera les joueurs à s’infliger le multi de Ghost Warrior 2 quand une offre pléthorique et bien mieux fichue est disponible sur le marché. Un dernier mot enfin sur l’extension « Siberian Strike » : celle-ci propose un acte additionnel dans lequel on refera peu ou prou la même chose que dans la campagne principale. On appréciera tout de même le fait que le joueur bénéficie d’une liberté d’action un peu plus grande, mais pas de quoi lâcher 10 euros dans un contenu qui aurait dû être présent d’emblée dans le jeu de base.

Conclusion

Un solo sans challenge et sans âme, un multi anecdotique : difficile de trouver un quelconque intérêt à ce voyage au bout de l’ennui. Certes, tout n’est pas à jeter dans une campagne solo qui pourra divertir le temps de quelques heures les amateurs du genre les moins exigeants ou les plus affamés, et les snipers du dimanche (assurément la principale cible du jeu) y trouveront peut-être leur compte, mais pour les autres, même en étant vendu à prix doux il sera bien difficile de les convaincre de passer à la caisse alors même que l’actualité du moment est bien chargée en matière de FPS.


par Mighty_Max 1 commentaire par utr_dragon
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Commentaires

utr_dragon

Rédacteur en Chef/Dieu
Nb msg : 2482
(#1) 07 avril 2013 à 14h07
Mine de rien, City Interactive progresse de jeu en jeu. Ptet que dans deux opus ils arriveront à quelque chose de correct !
No comment !
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