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La suite du reboot débarque
Si Medal of Honor est une vieille licence, Medal of Honor : Warfighter est le 2e opus de celle-ci après le reboot salutaire de 2010, sobrement intitulé Medal of Honor, et qui a écopé d'une note moyenne dans nos colonnes. Avec l'arrivée de l'époque moderne en lieu et place de la sempiternelle Seconde Guerre mondiale, les développeurs avaient pour objectifs de rehausser le niveau du jeu, bien en dessous de la série concurrente Call of Duty qu'on ne présente plus. Toujours concocté par les gars de Danger Close Games, le titre embarque cette fois le moteur de Battlefield 3, Frostbite Engine 2.0. Alors, va t-on s'en mettre plein les mirettes, et surtout, va-t-on avoir un bon jeu ?


Un conflit post Afgha

Un terroriste au bout du fusil
Avec la mort de Ben Laden l'année dernière, l'Afghanistan n'a plus vraiment le vent en poupe dans les scenarii de quelques natures que ce soit. Alors que MOH en avait fait son terrain de jeu, sans en tirer complètement partie tant en terme d'histoire que de gameplay, Warfighter abandonne aussi ce pays pour se concentrer sur le Pakistan et sur les Philippes, sans oublier Dubaï. On aura donc droit a des environnements assez différents dans lesquels évolueront deux protagonistes du Tier 1, dénommés Stump et Preacher, qu'on incarnera tour à tour suivant l'avancée du scenario, dans la même idée que le précédent titre. Malheureusement, ces 2 soldats sont relativement interchangeables, et on aurait préféré l'appartenance à 2 armées différentes pour bien les différencier.

Story telling

Le jeu propose un scenario très basique, mais planqué derrière une narration tarabiscotée, qui rend la compréhension des événements assez compliquée dans la première moitié du jeu. Mettre des cutscene de flashbacks dans des niveaux flashbacks n'est pas forcément la meilleure manière de garder le joueur en éveil. On finit quand même par comprendre qui est le méchant, quels sont ses plans, et que finalement, on n'est pas obligé de courir après une énième bombe nucléaire, une bombe normale suffit.

Custscenes de qualité
Par contre, et c'est une nouveauté, le jeu fait une incursion dans la vie familiale d'un des héros. L'idée est bienvenue, même si le message derrière tout ça est un peu mièvre : «  Les soldats d'élite de l'oncle Sam sont aussi des pères de famille » Toujours est-il que les cutscenes sont d'une qualité excellente et cela se voit qu'un soin particulier leur a été visiblement apporté.

Un jeu avec de beaux graphismes

Le Frostbite Engine 2.0 permet aux développeurs d'offrir une expérience visuelle assez réussie, même si elle un cran en dessous de celle de Battlefield 3 — nouvelle preuve que le moteur ne fait pas tout et que le talent y est également pour beaucoup. Dans l'ensemble, c'est beau, les effets sont réussis, même si de temps en temps les textures sont un peu baveuses. Les skins et les animations des alliés comme des ennemis sont d'excellentes factures, le photoréalisme est à portée de main.

On ne cachera pas que le jeu a rencontré quelques retours inopinés au bureau de Windows et son lot de bugs, notamment lorsque le jeu perd la résolution qu'on a choisi...

Et la guerre dans tout ça ?

Bien évidemment, une fois les armes en main, il va falloir aller au charbon. On va donc enquiller les missions dans différents coins du globe, avec pour objectif principal de dégommer du terroriste extrémiste surentrainé. Les ennemis ne sont pas les plus intelligents qui soit, mais ils n'hésitent pas à lancer des grenades qui font mal.

Le level-design est globalement bon, pour un FPS couloir. On a parfois une once de liberté avec 2 escaliers menant à un étage supérieur, sinon, c'est toujours tout droit ou presque. Les équipiers vous guident également — « Stump passe en haut » — , histoire que vous ne mettez pas en l'air les gunfights prévus par les développeurs. Le sentiment qu'on vous prend toujours par la main ne vous quittera jamais...


L'ouverture de porte scriptée...

D'ailleurs, la même recette a été utilisée les 3/4 du jeu. On dégomme quelques soldats avec ses coéquipiers, on avance jusqu'à une porte fermée, on la défonce via une petite animation sympathique mais inutile, on rentre au ralenti, et on essaye de faire le maximum de heatshots pour... Débloquer une autre animation de défonçage de porte. Et on recommence !


Et le mini jeu inutile qui est lié

Guns. Not enough guns.

Balles illimitées !
Là où le jeu pousse un peu le bouchon trop loin, c'est sur les possibilités offertes en terme d'équipements et d'armement. On parle d'unité d'élite, et on a que 2 armes. On peut certes ramasser celles des ennemis, mais on ne peut pas les garder pour plus tard. D'ailleurs, elles ne servent à rien, vu qu'on a un nombre illimité de balles ! L'arme secondaire a en effet un nombre infini de chargeurs, que ce soit un pistolet, un SMG ou un shotgun automatique. Pour l'arme principale et les grenades, vos coéquipiers seront là pour vous faire le plein sur appui d'une touche. On ne peut donc jamais tomber à sec, ce qui est une première !

De plus, l’équipement ne sert qu'aux moments prévus par les développeurs. Ainsi les lunettes de vision nocturnes ne sont utilisées qu'à 2 reprises, après qu'on vous ai spécifiquement demandé de faire sauter les plombs...

Inspiré de faits réels, mais pas réaliste
Le jeu se targue d'être « inspiré de faits réels  », comme c'est indiqué à chaque début de mission en dessous du lieu et de l'heure. C'est bien possible, même si on ne saura jamais de quels événements il s'agit, peut-être mis à part les attentats de Madrid en 2005 qu'on retrouve dans l'une des vidéos. En revanche, pour le réalisme du gameplay, on repassera. C'est vraiment dommage, puisque le jeu a, soit disant, reçu la collaboration de vrais soldats, sensés donner une certaine caution au jeu, mais dans les faits, on voit bien que tout ça n'est que marketing, une fois de plus.

You gotta run

Dubaï est de toute beauté en voiture !
Le jeu incorpore aussi son lot de séquences scriptées déjà vues maintes fois et qui n'ont rien d'exceptionnelles : séances de snipe, tir à la mitrailleuses, etc. Même si cela fait désormais partie intégrante des canons du jeu blockbuster-popcorn, où la débauche de moyens militaires mise en scène frôle l'indigestion, on aurait aimé que cela serve un peu mieux le scenario et n'arrive pas comme un cheveu sur la soupe. Il y a 4 snipers ennemis et on est 6 ? Envoyons donc une frappe d'artillerie pour raser le bâtiment... Le passage où on utilise le robot mitrailleuse n'est hélas pas mieux loti.

Mais il faut reconnaitre que le titre propose une nouveauté : des séquences de course poursuites en voitures qui sont très bien réalisées, et qui apportent un réel plus à l’expérience de jeu. Le comportement de la voiture est correct, et la mise en scène bien pensée. On est loin des passages en quad du volet précédents qui étaient pénibles au possible, et c'est peut-être même le meilleur passage du titre, un comble pour un FPS !

Un multi très moyen

Choisir son armée
Il y a plusieurs modes de jeux jouables jusqu’à vingt joueurs. Le tout est assez classique : Team Deathmatch, Capture de points, Capture du drapeau en rounds mais avec une notion de Team Survival (c’est-à-dire qu’il n’a pas de respawn et que vous pouvez gagner en ramenant un des deux drapeaux ou en éliminant l’équipe adversaire) et enfin il y a une sorte de Rush ou l’on doit activer (ou défendre) trois bombes qui se déclenchent aléatoirement sur cinq sites l’une après l’autre.

Ces modes de jeux favorisent le plus souvent le travail en équipe. Mais il y a peu de maps différentes, elles sont très petites avec beaucoup de goulets d’étranglements et le level-design n’est donc pas très bien pensé et reste assez faible. Aucunes cartes ne sort du lot, cela fluctue entre le mauvais et le très moyen. C’est bien dommage.

Au niveau des graphismes, les environnements sont nettement moins jolis que ceux rencontrés durant la campagne solo. Pour le coup, c’est très moche. On se croirait sur un Call of Duty et de ce point de vue, et ce n’est vraiment pas un compliment.

Et se battre
Il y a plusieurs classes, mais cela ne change que l’équipement. Il n’y a pas de capacités médecin ou ravitailleur par exemple. C’est votre coéquipier qui aura ce rôle. En plus, il sert de point de respawn : quel équipier modèle. Vous prendrez donc plus de plaisir en jouant en équipe avec un ami. On peut améliorer et débloquer plusieurs gadgets (arme, optique, chargeur, motif, etc.) en montant de niveaux. C’est là encore très classique, et il y a beaucoup moins de choses à débloquer que dans Battlefield 3 par exemple.

Au final, on fera quelques parties, cela améliore un peu la durée de vie, mais l’on retournera vite, très vite même à Battlefield 3. Il y a quelques petites idées intéressantes, mais aussi beaucoup d’autres qui le sont nettement moins (killstreak offensif, détection des ennemis à travers les murs, etc.). C’est donc assez fade : ni bon, ni très mauvais, à l'image globale du jeu.

Conclusion

Que de dire de MoH Warfigher, a part que c'est un MoH ? Sans être mauvais, le jeu ne reste pas dans les esprits, notamment avec une campagne solo trop rigide par rapports aux standards actuels. L'aspect "faits réels" est noyé par le gameplay trop arcade du titre, et la narration alambiquée n'est pas là pour améliorer les choses. Le multi est du même tonneau et ne sort pas du lot. Seules les courses poursuites en voiture se démarquent, mais est-ce bien ce qu'on attends d'un FPS ?


par Xpierrot Commenter
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