
Postal Dude est de retour, mais il aurait mieux fait de s'abstenir
Il y a huit ans,
Running with Scissors sortait
Postal 2, un jeu ultra violent dans lequel on nous demandait d'accomplir des choses de la vie quotidienne, comme aller chercher du lait, passer prendre notre paye, aller pisser sur la tombe du paternel (...) et ce, à travers les cinq jours ouvrables de la semaine. Le jeu permettait également d'expérimenter plein de façons rigolotes de zigouiller les gens dans la rue, le tout dans une semi-liberté plutôt appréciable. Quelques extensions plus tard, voici que se pointe
Postal 3 : Catharsis ayant connu un développement assez chaotique et étant passé du FPS au TPS, pour le meilleur, mais surtout, surtout, pour le pire.
Postal Dude est de retour

Les cinématiques sont nombreuses et souvent inutiles
Postal 3 débute avec une longue cinématique chiante retraçant le passé de notre bon vieux Postal Dude qui a abandonné sa ville pour débarquer à Catharsis. Néanmoins, vous n'aurez pas besoin d'avoir joué aux précédents opus pour comprendre le scénario du jeu : vous tombez en panne d'essence et vous aurez besoin de faire des missions débiles pour gagner assez de fric afin de remplir votre réservoir. La première mission consiste à aspirer le sol d'un sex shop pour y ramasser des mouchoirs plein de sperme que vous aurez ensuite à balancer à la gueule de mère de famille énervées conduites par un clone de Sarah Palin voulant mettre ledit sex shop à feu et à sang. Une fois que les femmes énervées ont bien vomi et se sont cassées, la mission est terminée mais le tenancier du sex shop (incarné par Ron Jeremy, un acteur porno des années 1980) refuse de vous payer et vous allez donc errer de missions débiles en missions débiles pour tenter de vous faire du blé. Vous aurez à tuer des chats infectés par le Sida, vaincre les tenanciers du resto Mexi-Suchi (
sic) du coin qui utilisaient les chats pour faire de la bouffe, aider des éco-terroristes à faire face à Ben Laden, récupérer des gyropodes volés, aider le gigolo du maire à fuir des paparazzis, etc. Tous ces petits scénarios débiles sont entrecoupés de cinématiques qui tentent de coller les morceaux entre eux, mais on a clairement plus l'impression qu'il s'agit-là d'un galerie de stéréotypes débiles et usés jusqu'à la moelle qui tentent désespérément d'arracher un sourire, sans toutefois y parvenir — du moins dans l'immense majorité des cas.
Vas ramasser des pommes et tuer Ben Laden

Le summum de la chiantitude
On l'a vu, les missions sont plutôt nulles. Mais en plus de ça, les développeurs ont fait en sorte qu'elles soient totalement chiantes, rébarbatives, débiles, inutiles. Si vous arrivez à tenir les premières heures de jeu, vous aurez un peu plus de plaisir ensuite, lorsque l'on commence à avoir des fusils d'assaut, mais ce n'est pas non plus le Pérou. Leur utilisation est particulièrement chiante, vu que le
feeling des armes est à chier et que les sensations sont nulles. Les armes blanches obtiennent la palme, puisqu'il faut cliquer n'importe où comme un abruti pour tenter de toucher quelque chose. Ajoutons également que la troisième personne est totalement ratée, comme si la caméra choisissait toujours le plus mauvais angle pour se placer et gâcher ainsi encore un peu plus l'expérience de jeu, qui n'était déjà pas franchement folichonne. Si encore ces soucis étaient compensés par une certaine liberté d'action... Mais il n'en est rien. Les missions du jeu se déroulent dans des zones relativement vastes, mais bien plus petites et plus fermées que dans
Postal 2. Mais le pire, c'est qu'en plus d'être fermées, ces cartes ne proposent rien de particulier à faire. A part buter tout le monde dans le niveau, on se retrouve très vite sans rien avoir à faire, et donc à se faire chier très rapidement. Alors bien sûr, vous pourrez toujours trouver quelques vannes, des affiches ou des commentaires pour vous arracher un sourire par-ci par-là. Mais il ne faut pas se leurrer, le plus souvent, c'est simplement nul et pas marrant même si les sarcasmes du Postal Dude sont souvent bienvenus.
Une mauvaise exploitation du moteur graphique

Niveau graphismes, on peut dire que c'est moche
Missions débiles et chiantes,
gunfigts sans intérêt, liberté d'action réduite, voilà qui résume assez bien Postal 3. Mais le tableau ne serait pas complet si l'on n'y ajoutait pas les graphismes totalement dépassés. Le jeu utilise le
Source Engine, mais il ne s'agit pas d'un moteur particulièrement taillé pour ce que voulaient en faire les développeurs. Le plus gênant étant les temps de chargement incroyablement longs, même sur une machine puissante disposant de 8 Go de ram. Graphiquement, le jeu est au niveau d'une production de 2003-2004. Les graphismes sont pauvres, les animations sont ratées et rigides (impression nettement renforcée par la vue à la troisième personne), les
ragdolls sont pitoyables. Pire, on croise dans toute la ville environ 3 modèles de PNJ, ce qui nous fait plus penser à une guerre de clone qu'à un quartier crédible. Bien évidemment, l'IA n'est pas en reste, avec des personnages qui se plantent dans tous les éléments du mobilier (super pratique pour les missions où l'on doit escorter un PNJ) et des ennemis dénués de cerveau qui se contentent d'avancer et de tirer. Le jeu a demandé quatre ans de développement et les développeurs n'ont même pas été capables de corriger des bugs qui sont pourtant gros comme une maison. Certains sont parfois bloquants et nécessitent même de reprendre une sauvegarde précédente... Lorsque ça fonctionne, car en plus de tous les problèmes cités précédemment, le jeu est particulièrement instable et crash au moins à chaque partie (j'ai dû planter le jeu environ 40 fois avant de pouvoir rédiger ce test).
Les missions n'en parlons pas. Dans Postal² elles n'étaient ptet pas plus utiles mais au moins on prennait du plaisir à décapiter et pisser sur les gens (pardonnez moi ô FamillesDeFrance...!) en allant chercher notre pack de lait.
Mais je crois que le pire c'est les especes de musiques qu'ils ont mis en boucle pendant les missions. Résultat j'ai passé une bonne heure a tourner en rond sur le segway sur fond d'un son electro assez douteux...