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11 septembre 2013, 08h00 Icone Payday 2

ZeDen teste Payday 2

C'est jour de paye
En octobre 2011 sortait Payday : The Heist, un jeu de braquage sorti de nulle part développé pour PC et PS3 par Overkill Software, un studio tout jeune formé en 2009, mais néanmoins composé de vétérans de l'industrie. Sorti en version dématérialisée sur PC et PS3, le jeu n'a pas connu de grosse campagne publicitaire comme les gros blockbusters de Noël, mais a réussi à nous séduire grâce à son concept original : un FPS coopératif dans lequel on incarne les méchants. Deux ans plus tard, le studio remet le couvert avec Payday 2, bien plus ambitieux. Plus de casses, plus d'envergure, c'est ce que nous promettent les développeurs pour ce nouvel opus. Pari réussi ?

Braqueurs amateurs

Crimenet est... Bordélique
Payday 2 étant un FPS multijoueurs coopératif, on comprend que le scénario ne soit pas omniprésent. Les développeurs se contentent de poser les bases pour comprendre le contexte, à savoir que vous incarnez un membre d'un groupe de criminels rôdé aux techniques de braquages en tout genre. Banques, bijouteries, centres-commerciaux, tout passe entre les mains de nos quatre criminels. Pour passer un contrat, nos bons vieux braqueurs masqués devront pour cet opus passer par Crimenet, une interface qui fait office de serveur browser pour trouver des parties disponibles. L'interface se présente sous la forme d'une carte sur laquelle apparaissent les parties qui sont en train d'être lancées. Le problème est que si l'interface fonctionne plutôt bien en solo, en multijoueurs c'est très vite bordélique et assez frustrant. En effet, si l'on veut jouer a un casse particulier dans une difficulté particulière, il faudra alors attendre qu’il apparaisse sur ce menu, et ça peut prendre du temps. Le système de crime.net est original, mais loin d'être intéressant et agréable. le système a été un peu amélioré en catastrophe avec le premier gros patch du jeu, mais ce n'est toujours pas aussi intuitif qu'une interface dédiée. Si vous arrivez à passer outre le mauvais Crimenet, ses connexions interrompues et son mauvais rafraichissement des serveurs, vous arriverez dans le vif du sujet.

Un contenu rachitique

C'est l'heure du casse
Et là, on déchante vite. Durant les premières heures de jeu, on découvre avec plaisir les missions, les cartes, les systèmes d'intimidations de civils, de défonçage de coffre etc. Mais on a très vite fait le tour. Il y a en effet beaucoup moins de casses qu’avait annoncé le développeur avant la sortie du jeu. En fait, les développeurs n'ont travaillé qu'une petite dizaine d'environnements, lesquels sont ensuite réutilisés plusieurs fois. A titre d'exemple, la banque est réutilisée 4 fois ! Mais le pire, c'est que mis à part quelques missions, en règle générale, l'envergure des casses est sacrément moins épique que dans le premier opus. Payday : The Heist vous permettait en effet d'enfoncer les coffres de la First World Bank, avec ses différents niveaux alors que Payday 2 se contente d'une petite officine de quartier. On trouve également des missions sur plusieurs jours, grosse nouveauté du jeu, ces dernières auront un déroulement différent suivant la réussite ou non des objectifs les premiers jours. Les développeurs ont intégré des éléments aléatoires dans le jeu, comme le type de contrat à remplir, les portes et caméras de sécurité et le placement des ennemis sur la carte. Mais ce n'est pas en intégrant deux points de spawn par niveau et un grillage dans une ruelle présent une fois sur deux qu'on arrive à renouveler le contenu. De fait, on se rend très vite compte des limites du gameplay, puisque le jeu ne permet pas des prendre les civils en otage, ne permet pas non plus de de neutraliser un garde sans le tuer, ni n'offre de sensation de « siège » des forces de l'ordre (négociateurs, barrages de véhicules, rideaux de fer, béliers des forces spéciales etc.).

La plupart des missions sont énergiques mais uniquement en difficulté maximale et les joueurs d'un haut niveau n'hésiteront pas à kicker les joueurs ayant un niveau inférieur dès l'arrivée dans le lobby (et oui, la communauté, ça compte). Entre 0 et 20 heures de jeu, vous serez conquis par Payday 2, découvrant ses mécaniques de jeu, son concept, ses différents niveaux etc. Mais au-delà, on se rend compte qu'il n'y a que 3 missions rentables en termes d'expérience, et que tous les joueurs les jouent en boucle. De plus, les développeurs ont intégré un système de récompenses permettant de débloquer accessoires et masques aléatoirement à la fin les missions, ce qui pousse les joueurs de haut niveau à rusher pour obtenir les récompenses en fin de partie.

Une personnalisation de la tête au bout du canon

On peut apprécier le rendu des armes en direct
Le jeu propose un arbre de compétences intéressant permettant aux joueurs de se spécialiser dans quatre classes : le Cerveau, l'Exécuteur, le Technicien et le Fantôme. L'expérience acquise en jeu permet de développer certaines compétences, comme soigner les collègues, utiliser certains accessoires (scies pour découper les coffres, charges explosives, pièges, etc.). L’argent sera d’ailleurs le nerf de la guerre, et malgré les millions qu’on engrange assez vite, on n’aura droit qu’à une partie de ce dernier afin de s’acheter armes, accessoires et protections. Tout a un prix et bien évidemment les sommes demandées atteindront vite des hauteurs vertigineuses, forçant à grinder de la mission pour se payer le fusil de ses rêves ou la visée laser sur ce dernier. Il est également possible de customiser son masque, plusieurs modèles de base sont disponibles, et l’on peut ensuite leur apposer des couleurs différentes. Au fur et à mesure de la progression on obtiendra de nouveaux masques, et on pourra leur ajouter de nouveaux dessins, mais tout ça coûte très cher, et il faudra attendre d’être correctement équipé avant de faire des défilés pour Mister Crime 2013.

Des graphismes « Soooo 2005 »

Graphiquement parlant, le jeu est tout juste passable
les graphismes ne sont pas primordiaux pour la réussite ou l'échec d'un titre, et heureusement car Payday 2 est loin d'impressionner de ce côté-là. Néanmoins, force est de constater que les développeurs ont réutilisé le même moteur graphique, sans réelle innovation ou amélioration. Les modèles 3D sont moches, répétitifs et pas franchement convaincants, les intérieurs sont moches, avec des textures vraiment ratées. Certains niveaux sont plus grands que dans le précédent opus, mais rien de nouveau... Sauf que certaines missions proposent d'entrer dans un centre commercial et donnent comme objectif de « tout casser ». Et là, on se rend clairement compte des limitations du moteur graphique et physique, les seules choses que l'on peut casser étant les vitres des magasins. Le moteur physique est inexistant, les particules pareil. Le jeu est propre, sans fioritures, ni effets next-gen qui piquent les yeux. Si vous avez une machine qui fait tourner le Source Engine, vous ne devriez pas avoir de souci à faire tourner le jeu. Mais si en 2011 on pouvait fermer les yeux, il est quand même difficile de faire l'impasse en 2013, surtout quand on sait que le premier opus s'est extrêmement bien vendu, et d'autant plus que le jeu n'est plus dans la même gamme de prix (30€ à la place de 20€).

Tout va bien...
Enfin, le point noir du jeu est sans doute son intelligence artificielle totalement défaillante. Les bots, alliés ou ennemis, sont totalement stupides. Oubliez tout de suite le jeu en solo, les compères qui vous accompagnent étant totalement inertes et débiles. Le quelques ordres que l'on peut leur donner ne servent à rien, ces abrutis ne feront que vous suivre bêtement tout au long des missions, incapables de faire une couverture efficace, ni même de vous aider à porter des sacs de banque remplis de billets (vous devrez en effet réaliser vous-même les trois allers-retours pour les trois sacs, alors que vous êtes accompagné de deux bots...). Niveau ennemis, ce n'est pas brillant non plus, et que ce soit les flics de base ou les forces spéciales, ils se contentent de foncer aveuglément en groupe vers les joueurs, qui n'ont qu'à les attendre bien planqués. La difficulté venant du manque de munitions, et du nombre d'agents de police.

Conclusion

Après un premier épisode en forme de très bonne surprise, difficile de ne pas être déçu par PayDay 2. Si le jeu partait sur de bonnes bases, le développeur a raté le coche pour en faire un grand jeu en peaufinant son concept pour le pousser à son paroxysme. Qu'on s'entende, il ne s'agit clairement pas d'un mauvais jeu, dans le sens où les sensations qu'il propose au niveau des gunfights sont bonnes. Mais avec un peu d'ambition en plus, les développeurs auraient pu en faire la nouvelle référence des shooters coopératifs alors qu'en l'état, il n'est qu'un bon défouloir pour soirées coop entre potes. À prendre quand il sera en promotion...


par utr_dragon Commenter
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